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Le 11 novembre 1975, a surgi sur la carte géographique de l’Afrique un nouvel Etat indépendant, la République Populaire d’Angola.C’était la victoire de la lutte menée par des patriotes angolais contre le colonialisme portugais durant quatorze ans

Le 4 septembre dernier, quatre-vingt sept partis politiques sur les cent vingt que compterait l’Angola se sent accordés sur un calendrier électoral en vue des échéances de 2004. Une majorité confortable s’est dégagée ainsi du ciel des protagonistes de la politique angolaise.

Le Mpla ne figure pas parmi ces quatre-vingt sept partis, lesquels ont juré d’agiter leurs droits les plus fondamentaux au cas oů le pouvoir central changerait de fusil d’épaule. Peut-on s’inquiéter de l’avenir de ce pays potentiellement riche mais oů la pauvreté n’a męme pas pitié des estropiés, des orphelins et des veuves de la longue guerre qui a sévi en Angola?

Une chose certaine, en tout cas : l’histoire politique de l’Angola a commencé le 11 novembre 1975 en plongeant ses racines dans la guerre de libération qui a débuté un 4 février 1961 avec des fusils de chasse.

Des tout premiers échauffourés, l’on a dénombré prés de deux mille Blancs assassinés et dix mille Noirs tués par les Portugais en guise de représailles. Cette guerre va emporter d’innombrables citoyens et provoquer l’exode de milliers d’Angolais dans les pays limitrophes, spécialement le Congo.

Une autre chose certaine ne peut nous échapper de l’esprit : la męme histoire politique de l’Angola a trouvé finalement du répondant ŕ Lisbonne, chez le colonisateur portugais avec la révolution des Oeillets intervenue le 24 avril 1974, lorsque les troupes portugaises vont procéder ŕ une mutinerie pacifique. Celle-ci ne se destine pas en direction des chefs hiérarchiques militaires pour réclamer un quelconque avantage, mais plutôt pour décider le dictateur Marcello Caetano ŕ libérer l’Angola.

La manifestation portera rapidement les fruits escomptés. Des janvier 1975, les accords d’Alvor (Portugal) vont déboucher sur la fixation de la date d’indépendance du pays. Cependant, les violons sont loin de s’accorder entre le Portugal du général de Spinola qui octroie l’indépendance et l’Angola qui doit se libérer d’un des colonialismes les plus rétrogrades.

Le 11 novembre 1975, il s’agit en fait d’une double proclamation entre, d’une part. Luanda, la capitale avec Agostinho Neto, chef du Mpla et président de la République populaire d’Angola et d’autre part, ŕ Huambo avec Roberto Holden du Fnla et Jonas Savimbi de l’Unita un peu co-présidents de la République populaire et démocratique d’Angola.

Il s’agit d’une indépendance qui porte a priori les germes de sa propre destruction. Car, en dépit du retrait de Roberto Holden qui abandonne la lutte armée en 1976 et qui s’installe ŕ Kinshasa, les deux antagonistes, Mpla et Unita, vont déterrer la hache de guerre jusqu’ŕ l’épuisement total des énergies de part et d’autre. Et rien ne viendra modifier le cours des événements avec la mort du président Neto et l’avčnement de José Eduardo dos Santos ŕ la tęte du Mpla et de l’Angola.

Le pays constitue l’une des grandes illustrations du bipolarisme dans lequel évalue la scčne internationale : le Mpla fait partie du giron de Moscou et l’Unita est soutenu par Washington a travers plusieurs lobbies comme « Heritage Foundation » qui se plaint męme quelquefois de la modicité des moyens mis ŕ la disposition de Savimbi dont les armes transitent par le Zaďre de Mobutu, autre pion américain dans la sous région de l’Afrique centrale.

L’Unita et le Mpla se font ainsi une guerre sans merci, faisant de l’Angola le plus grand champ de mines personnelles aprčs l’Afghanistan. Un beau pays, de belles villes comme Il n’en existe peut-ętre pas au Portugal et que les belligérants décidés ont détruit le premier, Jonas Savimbi, prendra le contrôle des diamants et le second le pouvoir central, s’arroge le marché du pétrole.

Souvent, les observateurs découvrent avec ahurissement que l’un et l’autre semblent se complaire dans son rôle, mais, l’un, Savimbi, plus que l’autre, dos Santos. Le tout sera ponctué de plusieurs accords et poignées de main historiques. L’on se souviendra de la mascarade de Gbadolite, le 26juin 1989 lorsqu’on se rendra compte, en direct, ŕ la télévision, que les deux messieurs qui se font l’accolade devant un Mobutu fier comme un paon, se haďssent viscéralement. Il en sera de męme l’année suivante ŕ Evora, au Portugal, les 24 et 25 avril 1990.

La loi du 26 mars 1991 instaurant le multipartisme n’apportera pas grand’chose. Ni les accords d’Estoril en mai de la męme année, et mains encore les élections générales de 1992 remportées massivement par le Mpla comme on s’attendait un peu.

Pas plus que les accords de Lusaka, le 20 novembre 1994 ou les rencontres entre Savimbi et dos Santos ŕ Lusaka le 6 mai 1995, ŕ Franceville, le 11 aoűt et ŕ Bruxelles le 25 septembre de la męme année. Par ailleurs, Jonas Savimbi a refusé en aoűt 1995 le poste de vice-président d’Angola.

La seule solution la plus plausible ŕ męme de décanter la situation inextricable était pour beaucoup la disparition de l’un des antagonistes. L’on penche plus sur la mort éventuelle de Savimbi. Au demeurant les Américains n’ont plus besoin de lui, Moscou ayant jeté l’éponge depuis 1990 dans la direction des affaires internationales. Ainsi, les maîtres d’hier vont régler le sort de leur poulain. Jonas Savimbi va trouver la mort en février 2002, pris entre plusieurs feux au cours d’une embuscade savamment orchestrée avec l’appui logistique des services secrets américain et israélien qui ont placé sur écoute le téléphone du docteur Savimbi.

Depuis cette date, tout s’est arręté. L’Unita a renoncé ŕ la guerre. Du jour au lendemain, l’Angola a retrouvé une accalmie dont elle n’avait jamais joui depuis 1961. Et le monde s’est rendu ŕ l’évidence du rôle combien néfaste joué par Savimbi, car aussitôt disparu, son propre mouvement cherche ŕ poursuivre le combat au plan des idées et non plus avec l’usage des kalachnikovs.

Ainsi, vingt-huit ans aprčs l’indépendance et prés de deux ans aprčs la mort de Jonas Savimbi, l‘Angola a rejoint le cercle des nations qui recherchent la paix et la sécurité visant leur développement harmonieux et intégral.

Il s’agit aujourd’hui pour les tenants du pouvoir de capitaliser cette donne importante. Il existe trčs peu de mouvements rebelles qui ont agi comme l’Unita au point que les observateurs ne doutent plus du fait évident que la direction politique de ce mouvement partageait tout avec son chef, hormis sa propension ŕ tuer pour le pouvoir.

La leçon vaut son pesant d’or, vingt-huit ans aprčs. Mais, il faudrait qu’elle serve ŕ quelque chose.



Last edited: 07/05/2006 00:49:28

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