Les recommandations de la conférence internationale sur la corruption en RDC dont les assises ont été clôturées mercredi convient autant les institutions congolaises que celles de financement international à tout mettre en œuvre pour éradiquer le fléau de la pratique généralisée de cette corruption

La Conférence internationale sur la pratique de la corruption en Rdc a clos ses portes mercredi, au Centre d’Etudes pour l’Action Sociale “ Cepas ”. Les travaux se sont étalés sur deux jours et ont été sanctionnés par une série de recommandations faites par les participants venus de divers horizons.
A la cérémonie de clôture présidée par Simon Mboso, le ministre de l’industrie, Petites et Moyennes entreprises, le Père Ferdinand Muhigirwa, rapporteur général de la conférence, a lu les recommandations qui soulignent le vœu de voir l’exécutif, le parlement congolais, la société civile et même les institutions financières internationales, assumer pleinement leurs responsabilités pour que la corruption soit éradiquée en Rdc.
Nécessité d’organiser un forum sur les antivaleurs
La révisitation de quatre axes de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, la mise en place d’une structure indépendante de lutte contre les antivaleurs, l’harmonisation de l’arsenal juridique national, l’accélération de la révision de la législation en matière de passation des marchés publics et la tenue d’un forum national de lutte contre la corruption font partie de premières recommandations.
Entre autres, les participants souhaiteraient également voir les dirigeants et mandataires publics déclarer leurs avoirs, et les institutions financières internationales dresser des listes reprenant les catégories des personnes les plus exposées à la corruption: Le projet de création d’un centre national de collecte des données devant travailler avec une structure étrangère analogue, a été envisagé par les différents experts.
Au nombre d’autres suggestions formulées, il y a la publication des montants globaux des financements, y compris les sommes allouées aux bénéficiaires, l’élargissement du processus de certification de Kimberley, les audits sur des projets financés par les institutions financières internationales. Mais également la suppression des monopoles accordés à certaines entreprises nationales et internationales et enfin l’application des dispositions légales relatives à l’interdiction d’association des entreprises publiques avec les sociétés disposant des sièges dans les paradis fiscaux.
Simon Mboso : “ Créons une culture de probité ” Succédant au Père jésuite Ferdinand Muhigirwa, le ministre de l’Industrie, Petites et Moyennes entreprises Simon Mboso a loué d’abord le travail de qualité abattu par les participants qui, a-t-il précisé, sont venus de quatre coins de la planète et ont proposé des recommandations pertinentes. Lesquelles recommandations, si elles étaient appliquées, peuvent aider à l’éradication de la corruption en Rdc.
C’est facile à dire qu’à faire, a indiqué le ministre de l’Industrie, car cela exige de nous tous, une ferme volonté, avant de renchérir en ces termes : “ Ils nous faut donc créer dans notre contexte, une culture de probité et de moralité susceptible de favoriser la lutte contre la corruption.
Dans la foulée, il a dit que la bonne gouvernance, l’éducation de base, et l’instruction sont des priorités à mettre en oeuvre dans le cadre de la lutte contre les antivaleurs. L’octroi des primes d’encouragement aux magistrats et autres auxiliaires de justice intègres peut nous aider à combattre la corruption, a souligné Simon Mboso.
Un rapport accablant
Le représentant de l’exécutif congolais au Cepas a fait état de la récente création de la commission interministérielle d’éthique et de bonne gouvernance. Et Simon Mboso de s’écrier: Les rapports établis par les participants sur les montants détournés, les pratiques de mégestion et de corruption, sont accablants.
(Milor)Jean-Pierre Nkutu/Le Phare
Last edited: 24/07/2008 15:28:55