Le gouvernement congolais, lui, est agacé. Mais il est obligé de suivre de longs schémas et des programmes irréalistes que les experts de la communauté internationale échafaudent.
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Engagé dans la politique attentiste, le gouvernement laisse la situation pourrir. La confiance au programme Amani commence à devenir suicidaire. Ce qui reste à faire, c’est de renoncer à ce programme. Car, personne ne peut comprendre qu’après la conférence de Goma, se mette en place un processus plus long et plus incertain que celui qui avait suivi le dialogue intercongolais de Sun City. Le gouvernement devra également refuser que des organismes internationaux accordent la légitimité aux groupes qui refusent de s’engager dans la paix.
Le discours par exemple de l’Envoyé spécial de l’Union européenne pour les Grands Lacs, doit être considéré comme endormant et dangereux. Roland Van Geer parlant de sa dernière rencontre avec “ les Forces républicaines fédéralistes ” donne l’impression d’avoir parlé à un interlocuteur crédible. Ce groupe armé basé dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu, a repris la lutte qui n’a plus de raisons d’être.
Hier, les habitants rwandophones du Plateau de Minembwe se battaient pour la nationalité congolaise. Après que la nationalité leur ait été reconnue sans ambiguïté dans la Constitution du pays, ils ont déclenché d’autres revendications, à savoir la marginalisation et la discrimination dont ils seraient victimes. Leurs revendications ont été prises en compte. C’est la raison de l’organisation de la Conférence de Goma dont on semble oublier les objectifs principaux.
Alors que pour faire la paix, ces groupes devraient d’abord déposer les armes et réintégrer le processus de désarmement et de la réinsertion, ils semblent faire de la participation aux réunions de Amani le centre des enjeux. Le programme que pilote l’Abbé Malu-Malu n’a pourtant pas pour objectif, la négociation de la paix. Il a été mis en place pour concrétiser les résolutions prises à Goma.
Aujourd’hui, Roland Van Geer, comme beaucoup d’autres personnalités de la communauté internationale donnent comme objectif à leur activisme dans les Grands Lacs, le retour de tel ou tel autre groupe au programme. On aurait pourtant voulu que l’accent soit mis sur les raisons de ce désengagement à répétition et à tour de rôle.

On met plutôt l’accent sur “ leur bonne volonté ” comme si dans cette affaire, il s’agissait de leur bon vouloir et non d’une nécessité pour toutes ces populations contraintes au déplacement de vivre en paix. Les Frf, a déclaré dernièrement l’Envoyé spécial de l’Union européenne pour les Grands Lacs, “ ont annoncé leur volonté de reprendre leur participation au Programme Amani ”, à l’issue de la rencontre des responsables de ce groupe avec le coordonnateur du Programme Amani, l’abbé Apollinaire Malu Malu, avec également la participation des membres de la facilitation internationale dont l’envoyé spécial de l’Union européenne, Roland Van der Geer.
Ce dernier a fait savoir : “ Nous avons eu un échange des vues avec les FRF en soulignant la nécessité, pour ce groupe, de reprendre le travail dans l’infrastructure de la mise en œuvre de Amani. Et nous nous sommes accordés ensemble, c’est-à-dire, premièrement l’abbé Malu Malu ainsi que la facilitation internationale, et les FRF, que l’on doit reprendre le travail. Alors, ils ont confirmé, heureusement, qu’ils sont une fois de plus engagés. Et je dois dire que je suis fortement encouragé par l’attitude positive et constructive des FRF ce matin ”.
C’est étonnant comme déclaration lorsqu’on sait que demain ce sera les Maï-Maï qui quitteront le programme et le surlendemain le Cndp et ainsi de suite. Pourquoi partent-ils ?
(Yes)Joachim Diana/L’Avenir
Last edited: 26/07/2008 15:22:55