Une zone tampon de 15 km de part et d’autre sépare désormais les belligérants depuis jeudi 25 septembre soir. Elle est occupée par les Casques bleus de la Monuc.

C’est ce que nos sources observent sur le terrain des combats, où règne un calme précaire après d’intenses combats durant toute la journée de mercredi. Aucun nouveau combat n’a été signalé jusqu’à la tombée de la nuit de jeudi. Mais l’atmosphère reste tendue. D’après un officier des FARDC, le gouvernement et la MONUC ont demandé au CNDP et à l’armée congolaise d’arrêter les affrontements. Ceci pour permettre aux groupes armés qui se sont déjà manifestés pour le désengagement de leurs troupes à passer à l’acte. Apparemment, l’appel a été suivi et les deux protagonistes respectent le cessez-le-feu. Une trêve de quinze jours sera ainsi observée afin de mettre en exécution le plan de désengagement militaire proposé par la Monuc et accepté par le gouvernement et la majorité des groupes armés, à l’exception du Congrès national pour la défense du peuple, CNDP.
A l’heure actuelle, les unités de l’armée nationale se sont retirées, mais demeurent vigilantes. La même situation s’observe du côté CNDP, la zone tampon occupée par les casques bleus est calme, affirment des sources proches de la Monuc. Pendant cette période, les différents groupes armés adhérents au plan de désengagement pourront ainsi déposer les listes de leurs effectifs, le répertoire de leurs armements et munitions, bref, remplir toutes les formalités du désengagement. Selon l’agence de presse Misna, le CNDP respecte le cessez-le-feu annoncé le l9 septembre dernier par le ministre de la défense nationale, Chikez Diemu. Néanmoins, de nouvelles violences ont été enregistrées dans le territoire de Lubero, entre les forces de l’ordre et la milice Pareco maï-maï, actuellement en débandade.
Ces éléments avaient occupé les positions abandonnées par les combattants du général pro-rwandais Nkunda Batware. Ces violences ont provoqué, comme dans pareilles circonstances, l’abandon par les populations de leurs domiciles pour se cacher dans les forêts, signale Misna. A en croire la même source, certains compatriotes résidant à Bruxelles, les membres du CNDP auraient tenu une conférence de presse dans la capitale belge pour expliquer les motivations de la guerre.
Malheureusement, la rencontre avec la presse n’a pas pu aboutir à cause des échauffourées provoquées par des Congolais hostiles aux discours du CNDP. Les Congolais sont convaincus que le mouvement politico-militaire du général déchu est au service du gouvernement rwandais afin de réaliser le projet diabolique de la scission de la RDC. Le souhait de tous les peuples de la région des Grands lacs est que toutes les armes se taisent à jamais sur le sol congolais. En attendant, l’heure est à la prudence.
(TH/PKF)
Claudine Mbombo/l’Observateur
Last edited: 26/09/2008 17:54:57