Celui que toute la population de la cité de Kasongo-Lunda, dans la province de Bandundu, appelait chef des sorciers (Mfumu baloki en langue yaka) est décédé à l’âge de 102 ans, le 06 février 2009.
Celui que toute la population de la cité de Kasongo-Lunda, dans la province du Bandundu, appelait chef des sorciers (Mfumu baloki en langue yaka) est décédé à l’âge de 102 ans le 6 février 2009.
Il s’appelait Louis Moyo Ntala Fatama. Son inhumation a eu lieu dans son village natal à Kikwati, situé à 10 km de Kasongo-Lunda. A Kinshasa, une messe d’action de grâce a été célébrée vendredi 27 février dernier à la paroisse Saint Michel de Bandalungwa.
Selon le témoignage de son fils aîné, Edouard Kapinda, le défunt, à la veille de sa mort, « était encore fort. Il marchait seul, droit, à l’aide d’une canne ». Avant d’ajouter que, contrairement aux mauvaises langues qui accréditaient sa longévité à la sorcellerie et autres pratiques fétichistes, le secret de la longue vie de son père résidait dans l’observance des principes dans sa nutrition. Il a été question notamment de l’absence d’excès de table et de boissons alcoolisées, de l’abstinence de la cigarette, de la consommation des denrées végétariennes et de sa vie active aux travaux champêtres.
En dépit de tout le mal ! Qu’on disait de lui, feu « Mfumu baloki a eu droit aux obsèques transformées en réjouissance populaire. Selon sa dernière volonté, une vache a été abattue et partagée à tous ceux qui sont venus participer au deuil.
Né vers 1907, sous le règne du 14ème Kiamfu Mulombo (1902- 1913), fils du 34ème Kiamfu Bivwila Katshioko, « Mfumu baloki », a indiqué son fils, a été baptisé, en 1992. Il laisse 17 enfants parmi lequel un prêtre jésuite et 59 petits-fils. Et de poursuivre qu’il a exercé divers métiers à Kinshasa qu’il a quittée en 1948 pour son village natal où il s’adonnera à la menuiserie et à la forge.
Avant de s’installer définitivement à la cité de Kasongo-Lunda en 1950, avec l’autorisation des Belges qui lui confieront la confection des uniformes de la police de circonscription des indigènes pour avoir travaillé à la Société textile africaine (Texaf) à Kinshasa comme couturier. Et en 1958, il sera le tout premier chef de cité de Kasongo-Lunda. Cela jusqu’en 1964. Il a également été jugé président du tribunal coutumier du territoire de Kasongo-Lunda, avant de prendre sa retraite en 1994.
(GM/Ern./Yes)
Olivier Dioso/Le Potentiel
Last edited: 02/03/2009 17:46:27