Un bâtiment de trois niveaux s’est affaissé dans la nuit de mardi à mercredi, en face de la prison militaire de Ndolo, dans la commune de Barumbu.
En réalité, c’est le premier étage qui s’est écroulé sur le rez-de-chaussée, entraînant dans sa « chute » le bloc compact composé du deuxième et troisième niveau. L’image du bâtiment réduit à deux étages sans attaches solides avec le rez-de-chaussée était fort saisissante. L’immeuble donnait l’impression de flotter sur les ruines, prêt à faire de nouveaux dégâts.
Le génie militaire et des techniciens de Safricas, appelés d’urgence par les autorités urbaines et communales, ont dû travailler dur, durant la matinée de mercredi, pour sortir les trois corps sans vie et deux blessés graves des décombres.
Selon des témoins, tout est parti de la cassure des colonnes de béton et murs du premier niveau. Alerté par les résidents des environs, soutient-on, l’un des occupants, présenté comme le neveu du propriétaire-un officier supérieur de l’armée n’aurait pas prêté attention aux cris d’alarme. Ayant banalisé la situation, préférant suivre la télévision avec ses copains, il a été surpris par la chute d’un amas de briques et ferrailles qui l’a tué net, ainsi que ses compagnons.
Les trois corps sont restés prisonniers des plates-formes des deux derniers niveaux qui venaient d’atterrir au rez-de-chaussée.
Interrogés sur les causes de la tragédie, des experts du génie militaire, des ingénieurs de Safricas comme les autorités municipales de Barumbu ont épinglé le non respect des normes techniques en matière de construction ainsi que le mauvais état du site, qui est un terrain marécageux. On laisse entendre que les barres de fer utilisées pour les travaux de bétonnage étaient de la taille « 6 » au lieu de « 12 ». Certaines sources indiquent que le chantier était confié à un groupe de débrouillards, alors que le concours des spécialistes en architecture et bâtiment s’imposait. Ce sont des contremaîtres et des maçons, dit-on, qui conduisaient les travaux, passant du premier au second niveau, puis au troisième, alors qu’un ingénieur en bâtiment les aurait mis en garde contre le danger d’aller au-delà du premier étage, compte tenu de la nature des matériaux utilisés.
Après la tragédie mercredi, il a été décidé que le génie militaire puisse raser les deux niveaux « en flottement » au niveau du rez-de-chaussée. Une source communale contactée par Le Phare a signalé que le lotissement du lieu du sinistre avait été décidé au mépris de l’opposition de l’administration communale de barumbu D’où, pour certains, ce qui s’est passé mercredi est à mettre au passif de la mauvaise administration des affaires foncières.
(TN/Milor/GW/Yes)
Aissatou Mbombo/Le Phare
Last edited: 07/05/2009 19:06:47