La question de la lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et filles a refait surface samedi à Kinshasa, où les victimes de cette situation ont passé en revue leurs histoires pénibles.
Les femmes ont brisé le silence samedi au Grand Hôtel Kinshasa pour dénoncer les cas des violences sexuelles dont elles ont été victimes, à l’occasion de la campagne « Stop au viol de notre ressource la plus précieuse, pourvoir aux femmes et filles de la Rdc ». A cet effet, cinq survivantes des violences sexuelles venues de même nombre de provinces ( Equateur, Kindu, Province Orientale, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Kinshasa) ont, éhontées, raconté les conditions dans lesquelles elles ont été violées, en présence de Mme Vu Thi Pierrette, représentante de l’Unicef/Rdc, Eve Ensler, fondatrice du mouvement Victoire du vagin le jour de Saint –Valentin (V-Days), Ross Mountain, représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, Mme Louise Mayuma Kasende, Directeur adjoint du cabinet du Chef de l’Etat, qui a représenté la Première Dame, Olive Kabila, et d’autres personnalités.
Cette campagne vise à amener la société congolaise toute entière à reconnaître le statut et la valeur de la fille et de la femme dans la société, dans la communauté et dans la famille, conformément à la Constitution de la Rdc et aux législations nationales et internationales.
Mme Louise Mayuma Kasende a reconnu les efforts de V-Days et de l’Unicef en partenariat avec le Ministère de Droits Humains pour mettre fin aux violences et aux atrocités faites à la femme et à la jeune fille de la Rdc.
« Il est impossible de rester insensible les yeux et les oreilles fermés aux cris des victimes des violences, c’est pour cela que le gouvernement doit se lever ensemble avec les femmes pour mettre fin aux violences et l’impunité », a-t-elle dit.
Elle a en outre signalé que le mécanisme mis en place par le Chef de l’Etat Joseph Kabila permettra de mettre fin aux violences faites aux femmes et aux jeunes en Rdc.
Pour sa part, la représentante de l’Unicef en Rdc Vu Thi Pierrette fait savoir qu’aujourd’hui, parmi les cas rapportés, plus de 50 % des victimes de violences sexuelles sont des enfants, garçons et filles. Ceci ne prend pas en compte toutes les auteurs filles qui souffrent en silence et qui ont trop peur soit de dénoncer ce qu’elles ont vécu, soit de chercher assistance et protection.
Elle a indiqué que les violences sexuelles faites aux filles tous les jours, que ce soit dans leur salle de classe, dans les champs, ou dans leur maison à travers tout le territoire, représentent un défi énorme pour ce pays.
La représentante de l’Unicef s’est référée à la citation de Nelson Mandela, ancien président sud-africain pour renchérir sa pensée ; « La valeur d’une société peut être mesurée à partir de la façon dont elle traite les enfants ».
« Que dirait-il de la situation actuelle au Congo, où des millions d’enfants vulnérables sont confrontés à cette violence, où des milliers de filles ont été utilisées pendant les conflits comme esclaves sexuelles par les membres des groupes et forces armées ? », s’est interrogée Vu Thi Pierrette.
De son côté, Mme Eve Ensler, la fondatrice du mouvement V-Days a indiqué qu’elle sensibilise, à travers cette campagne, l’opinion publique sur le problème des violences faites aux femmes et aux filles et mobilise des fonds pour soutenir des initiatives en faveur de la lutte contre les violences sexuelles dans le monde entier.
L’on rappelle que cette campagne «Stop au Viol » a été lancée il ya 11 ans à New-York et en Rdc, elle a été lancée en novembre 2007 par la Première Dame Olive Kabila à Bukavu dans le Sud-Kivu, ce mouvement V-Day est actif dans 130 pays, traduit en 47 langues.
(SM/BT/PKF)
Sylvie Meta/MMC
Last edited: 08/06/2009 17:31:50