Des ex-rebelles du CNDP du général dissident Laurent Nkunda viennent de quitter subitement leur camp d’internement au Nord-Kivu dans le cadre de leur intégration au sein des FARDC. Les autorités militaires examinent ce cas de désertion ou d’indiscipline.
Selon des sources sûres, des centaines d’ex-rebelles congolais récemment intégrés au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont déserté avant de s’en prendre à des civils dans l’Est du pays.
Pour le colonel Dietrich de la Monuc, le non paiement des soldes depuis 5 mois, l’inégalité des salaires et l’attribution des grades et des fonctions seraient à la base de cette situation, une première depuis que les ex-rebelles du CNDP du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, ont intégré les FARDC dans le cadre d’un processus de pacification de l’Est de la RDC. Est-ce un fait du hasard ou une action pour tester le Chef de l’État Joseph Kabila Kabange, président de la République, qui vient de prendre la tête de la SADC pour une année ?
Les ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) intégrés au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo, n’ont pas fini de faire parler d’eux. Même si un adage populaire de chez nous indique qu’il n’y a pas de fumée sans feu. En effet, la dernière information donnée par l’Agence France presse et confirmée par des sources onusiennes doit être prise au sérieux pour éviter à la Rdc de toujours sombrer dans une guerre avec son lot de malheurs.
Ces ex-rebelles du CNDP ne sont pas à leur premier coup. Il y a quelques temps, ils avaient annoncé leur volonté de se retirer des forces loyalistes, avant de se rétracter. Nous osons croire que cette énième aventure sera à considérer comme une pression exercée au gouvernement central, dans la mesure où le contexte de la région ne le permet plus.
La source poursuit en disant que le Colonel Jaguar, ex-commandant du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et actuel chef d’un bataillon des FARDC, a provoqué le week-end dernier une scission au sein du bataillon de Nyamilima", à 115 km au Nord-Est de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu (est), a affirmé à l’AFP le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la Mission de l’ONU en RDC (Monuc).
"Il a désarmé les militaires loyaux et s’est rendu avec ses hommes sur une colline" à la frontière avec l’Ouganda, a-t-il poursuivi. L’autre groupe de militaires s’est dirigé vers Ishasha, à 20 km de Nyamilima. Joint au téléphone par l’AFP, un commandant de l’armée dans la région, le colonel Smith Gihanga, a minimisé cette désertion, évoquant "un petit problème d’indiscipline". "Jaguar est toujours dans les rangs des FARDC", a simplement ajouté le colonel Gihanga.
Le gouvernement a fourni plus d’efforts
D’après le colonel Dietrich, le non paiement des soldes depuis 5 mois, l’inégalité des salaires et l’attribution des grades et des fonctions seraient à la base de cette scission, une première depuis que les ex-rebelles du CNDP du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, ont intégré les FARDC dans le cadre d’un processus de pacification de l’est de la RDC. La rébellion tutsi congolaise du CNDP a rallié Kinshasa en début d’année et leurs éléments ont été intégrés de façon "accélérée".
C’est ici qu’il convient de dire que si effectivement des centaines des militaires ex-CNDP ont déserté des FARDC, ils ont fait preuve d’une certaine mauvaise foi. Ceci, parce que le gouvernement a fourni beaucoup plus d’efforts, notamment à travers le vote de la loi sur l’amnistie par le parlement congolais, leur réintégration accélérée au sein des FARDC, la libération des prisonniers politiques, etc. Soulignons que les cadres du CNDP avaient souhaité être dans la prochaine équipe gouvernementale. Connaissant qu’il ne peut y avoir de remaniement qu’avec la bénédiction du Parlement, le CNDP aurait dû attendre le retour des honorables députés, qui sont présentement en vacances parlementaires, pour tester la bonne ou mauvaise foi du Gouvernement.
L’environnement politique n’est plus favorable
La question qui nous vient aujourd’hui à l’esprit est celle de savoir, quel est ce pays de la Région des Grands Lacs qui va s’amuser à soutenir une quelconque rébellion armée. Et ce, après le passage d’Hillary Clinton, Secrétaire d’Etat Américaine aux Affaires étrangères, qui a donné un message clair du Président Barack Obama. Car comme on le sait très bien, si la rébellion de Laurent Nkunda a eu à avancer, c’est parce qu’elle a été soutenue militairement et financièrement par le pouvoir de Paul Kagame qui, aujourd’hui, est en très bon terme avec son homologue de la Rdc.
(DN/TH/GW/Yes)
L’Avenir
Last edited: 09/09/2009 15:47:55