Au Katanga, c’est dans les mines qu’on enregistre le plus grand nombre de viols et de crimes commis par des creuseurs artisanaux, à qui des féticheurs font croire qu’ils trouveront la fortune en abusant de toutes jeunes filles rencontrées, même de trois ans, selon l’ONG locale Maison Wengi qui encadre les enfants abandonnés.
Ces dénonciations sont confirmées par le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap). Dans son rapport publié en mai dernier sur les viols au Katanga entre janvier et mai 2009, près de la moitié (45 %) des 227 cas recensés sont le fait de creuseurs de minerais.
« La plupart de viols ont été commis parce que leurs auteurs espèrent avoir plus d’argent », affirme Issa, Okende, chef d’antenne du Fnuap à Lubumbashi, faisant allusion aux fausses croyances fétichistes qui laissent penser que coucher avec une fillette porté chance aux chercheurs de minerais. Jeunes sans emploi: 24 %, hommes en uniforme (militaires et policiers 21 %‘ et d’autres catégories socioprofessionnelles (agents d’entreprises ou fonctionnaires : 10%) sont aussi cités comme auteurs de viols dans ce rapport.
Dans le piège de la pauvreté
Le creuseurs artisanaux de minerais (cuivre, cobalt) piochent dans des parcs miniers souvent abandonnés de la Gécamines, depuis la faillite de cette grosse entreprise publique. Celle-ci a cédé une bonne part de ses concessions aux nombreux minings privés qui ont été créés ces dix dernières années. Les creuseurs profitent généralement de la promiscuité dans ces mines pour abuser de toutes jeunes flues et dé femmes qui viennent y exercer le petit commerce.
Un peu partout au Katanga, de petits villages de fortune se sont en effet formés prés des concessions minières, où des femmes souvent pauvres accompagnées de leurs enfants essayent de gagner maigrement leur vie à côté de ceux qui, dans la mine, sont à la recherche d’une fortune.
A Likasi, autre ville minière à environ 100 km de Lubumbashi, c’est la carrière appelée Lavene qui fait scandale. « Profitant de la promiscuité qui y règne, les creuseurs utilisent la ruse pour attirer dans la nuit des petites filles », raconte Liliane Nkomba de l’Ong Action communautaire de l’enfance défavorisée. Mélanie Mangi dénonce, elle, la vie sans scrupule que vivent les gens de la mine à Kambove, cité minière proche de Likasi.
« Ils n’ont pas froid aux yeux pour avoir des rapports sexuels avec de toutes jeunes », témoigne cette femme qui fait l’intermédiaire entre vendeurs et acheteurs de pierres précieuses à Kafunda.
Punir sévèrement les violeurs
A cela s’ajoute la consommation excessive de liqueurs à forte dose d’alcool et d’autres drogues par des hommes qui vivent loin de leurs foyers et qui ne contrôlent plus leurs pulsions sexuelles. Même s’ils sont connus, ces viols restent cependant impunis. De nombreuses victimes se taisent aussi, par peur de représailles ou par honte simplement. Une situation qui révolte l’Association de futures femmes de Kolwezi (AFFK), qui s’insurge contre ce qu’elle qualifie de comportement déshonorant de la femme.
« C’est la pauvreté, le chômage qui sont à la base de cette dépravation de meurs au sein de notre société, s’inquiète-t-on à l’AFFK. Souffrant en premier dans leur chair de ces actes criminels, les femmes de Kolwezi tentent d’élever la voie pour que justice soit faite et que les auteurs de viols soient sévèrement punis ».
Selon la loi, une personne reconnue coupable de viol doit en effet être condamné à une peine de 5 ans de prison ferme et au paiement d’une amende de 5.000 dollars. Certains croupissent déjà en prison depuis quelques mois. « Il faut sensibiliser ces gens pour qu’ils abandonnent ces pratiques antisociales », s’en flamme Honorable Kunga, de l’association des femmes de l’Institut des sciences et techniques appliqués de Kolwezi.
Toto Kyanda/Le Phare
(CV/TH/GW/Yes)
Last edited: 16/11/2009 14:42:11