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L’ambassadeur de France en RDC a échangé avec l’équipe rédactionnelle du groupe de presse Le Potentiel sur les développements de la coopération entre son pays et les états africains, particulièrement le Rwanda qui a renoué ses relations avec Paris tout en s’illustrant par son entrée dans le giron anglophone du Commonwealth

Le groupe Le Potentiel – Journal Le Potentiel et Télé 7 – ont pris, depuis pratiquement une année, l’habitude d’inviter des diplomates en poste à Kinshasa à parler de questions d’actualité en RDC, en Afrique et dans le monde. Lundi 7 décembre, c’était le tour de l’ambassadeur de France en RDC, Pierre Jacquemot, qui s’est invité, par curiosité, à visiter les Rédactions de Télé-7 et du Journal Le Potentiel qu’il « lit chaque matin en premier de par la qualité du contenu de ses informations ». Journal « fondamentalement engagé à l’intégrité et à l’unité du pays ».

Les journalistes ont saisi cette opportunité pour qu’il éclaire leur lanterne sur le retrait du Rwanda de la Francophonie et le rétablissement des relations diplomatiques entre ce pays et la France ; la position de la France et son apport au sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique ; l’évaluation des relations bilatérales entre la France et la RDC ainsi qu’entre la France et l’Afrique.

D’entrée de jeu, l’ambassadeur de France en République démocratique du Congo, Pierre Jacquemot, a fait remarquer que l’avenir de la Francophonie repose sur les pays africains francophones tels que le Congo démocratique, le premier en terme de superficie, mais peut-être pas en celui de locuteurs. A la question de savoir ce que ressent la France avec le retrait du Rwanda de la Francophonie pour embrasser le Commonwealth, il a fait valoir que son pays déplore ce départ.

Toutefois, il a accepté le rétablissement des relations diplomatiques avec le pays des Mille Collines pour notamment contribuer à la restauration de la paix dans la région des Grands Lacs, a soutenu le diplomate français. Avant de noter que le froid constaté dans les relations entre les deux pays, depuis l’opération Turquoise en 1994 et le génocide qui s’en est suivi, ainsi que la rupture de ces relations ne peuvent amener la France à jouer le rôle qui est le sien pour que la paix revienne dans la région. «C’est aussi un signal fort pour nos relations avec le Congo», a-t-il affirmé, signalant que ce nouveau «deal» avec le Rwanda n’est pas contre la RDC.

L’ambassadeur de France au Congo confirme que la place de ce pays en Afrique est tellement importante qu’il faut qu’il retrouve la paix. Il a également souligné que le Plan Sarkozy n’existe pas et n’a jamais existé. Le président français, Nicolas Sarkozy, a été clair là-dessus, a-t-il rappelé. Il croit plutôt que la coopération régionale est un facteur de paix. La Balkanisation du Congo n’a jamais été à l’ordre du jour.

Les pays de la Comifac invités à  paris le 16 décembre par Sarkozy

A propos du soutien de la France à la position du Congo au sommet de Copenhague sur le changement climatique, l’ambassadeur Jacquemot a indiqué qu’il ne peut en être autrement. L’accord sur la limitation des émissions du dioxyde de carbone que l’Hexagone et le Brésil ont signé le 14 novembre dernier pour mobiliser l’ensemble des pays afin de le faire adopter s’inscrit dans ce sens.

Cette initiative franco-brésilienne s’explique donc dans les efforts du président Sarkozy d’aider les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, à assurer un développement «propre». L’Amazonie au Brésil et les forêts du Bassin du Congo constituant le réservoir inestimable de carbone du monde, la position de la France ne peut être celle non seulement de la RDC, mais de tous les pays de la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac).

Et l’Afrique étant le premier continent à souffrir du changement climatique, a-t-il relevé, c’est dans une dynamique de lutte contre notamment le bois de chauffe et la déforestation désordonnée qu’on peut arriver à sauver la planète d’une menace de disparition. D’ailleurs, le président français vient d’inviter à Paris les pays de la Comifac le 16 décembre, a-t-il annoncé avant de reconnaître qu’il est possible, pour l’Afrique, d’organiser le bassin forestier du Congo de manière rentable et de recevoir des compensations au titre de crédits carbones.

Quant à l’apport financier de la France, le diplomate français a fait observer qu’il ne faut pas voir la question en ces termes. A Copenhague, les pays prennent des engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces engagements ont un coût sur les budgets nationaux des pays qui y souscrivent. Aussi faudrait-il évaluer les besoins pour cette réduction afin de déterminer la hauteur de l’intervention financière en contrepartie de sacrifices consentis – et à consentir – des pays en développement qui comptent sur une aide internationale pour accompagner leurs efforts.

500 mille euros pour des projets porteurs de développement

S’agissant de l’évaluation des relations bilatérales entre la France et la RDC, l’ambassadeur Pierre Jacquemot a rappelé la déclaration de Sarkozy au Parlement congolais selon laquelle la RDC est un pays privilégié pour la coopération bilatérale. La position du Congo au cœur de l’Afrique lui donne une position géostratégique que la France ne peut que prendre en compte. Bien qu’on trouve à la France des élans impérialistes liés aux intérêts économiques et qu’il n’y ait pas la présence d’assez d’entreprises françaises au Congo, cette coopération est bonne. Et de signaler que d’importants moyens financiers gérés par l’ambassade de France et la Coopération française au développement sont déjà disponibilisés. D’ailleurs, a-t-il fait savoir, un accord de 500 mille euros vient d’être signé pour des projets porteurs de développement.

En outre, Pierre Jacquemot a laissé entendre que son pays entretient de bonnes relations avec les pays africains en ayant une vue commune des questions internationales. Et que la France est solidaire avec ces pays dans le malheur comme dans le bonheur.

Il a aussi relevé le fait que la France ne s’ingère pas dans les affaires intérieures des Etats. En Afrique, cela revient à l’Union africaine, par exemple. Son pays, a-t-il soutenu, ne s’en prend pas à un chef d’Etat qui dérape. Il en est de même des populations. La France n’applique qu’une démarche pragmatique et réaliste.

Sur la question de savoir comment la France entrevoit l’avenir du Franc-Cfa aujourd’hui rattaché à l’euro, il a indiqué que cela appartient aux Africains de décider de son sort. Toutefois, il a fait remarquer que le taux d’inflation dans les 14 pays de la zone Franc est nettement inférieur à celui que connaît la RDC. Leur appartenance à l’OHADA leur confère des avantages énormes.  Cette structure économique étant un outil exceptionnel qui a atténué la crise dans ces pays.

Diosso Olivier/ Le Potentiel


(DN/Milor/GW/Yes)



Last edited: 08/12/2009 16:56:49

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