Tables, chaises, matelas, ustensiles de cuisine, valises et autres effets jetés dehors sur l'avenue Roi Baudouin, c'est le spectacle vécu par tous ceux qui ont emprunté cette voie, samedi avril. Il s'agit d'un diplomate qui a été mis dehors par le bourgmestre de la commune de la Gombe. Ce dernier a déclaré avoir pris une décision administrative relevant de ses compétences pour rendre justice et rétablir dans ses droits un Congolais, en l'occurrence Jean-Claude Okito, privé pendant plus de 30 ans de jouissance de sa propriété. « S'ils sont lésés, qu'ils me traduisent devant la justice », a-t-il déclaré à Scooprdc.net.

Cependant, l'avocat de la communauté nigériane, Serge Lukanga, a fait savoir que cette parcelle est une propriété de l'ambassade depuis 20 ans. Me Lukanga regrette le fait qu'il n'y ait pas de décision judiciaire ordonnant le délogement du diplomate nigérian: « Monsieur le bourgmestre est passé pour déloger le consulat. Chose qui est irrégulière ! C'est une ambassade. Donc, il y a une procédure à suivre pour tout délogement d'un ambassadeur. Ça, c'est incident diplomatique grave !».

Les enfants Okito, ainsi réinstallés, affirment que cette parcelle est leur propriété depuis plus de 30 ans et que les Nigérians l'ont occupée sans titre aucun. Marie-Cécile Okito, fille de Jean-Claude Okito venue spécialement des États-Unis pour ce dossier, indique que cette « parcelle n'est pas enregistrée» au ministère congolais des Affaires étrangères comme appartenant aux diplomates nigérians.

En effet, Marie-Cécile Okito, fille du précité qui vit aux Etats-Unis d'Amérique raconte: «C'est depuis 1977 que papa a acheté cette parcelle. Mais nous n'avons pas compris comment les Nigérians sont venus l'occuper. Nous sommes allés en justice. Mais les choses ont traîné. Mais c'est le bourgmestre de la Gombe qui nous a aidés. Il a pu mener des enquêtes avant de procéder à ce déguerpissement. Il est passé au cadastre, à l'habitat et autres services du ministère des Affaires foncières.

Tous les documents prouvent que cette parcelle est nôtre, mais nous ne pouvions pas y accéder. Nous avons été chez le ministre de la Justice qui a aussi constaté au vu des documents que cette parcelle nous appartient. Il avait déclaré que nous serons remis dans nos droits. Nous avons été aussi voir le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

Ce dernier est surpris que cette parcelle ne soit pas enregistrée chez lui comme une propriété de l'ambassade du Nigeria. Nous avons compris que les Nigérians bénéficiaient de la protection de certains généraux de l'armée. Finalement, le bourgmestre les a alertés qu'ils couraient un grand danger dans ce dossier où leurs protégés n'avaient aucun titre de propriété. Voilà qui nous a remis dans nos droits en déguerpissant ce jour les occupants illégaux de notre parcelle ».

SCOOPRDC/Le Potentiel 


(CL/TH/GW/Yes)