Contactée, l’une des filles de joie a justifié ce réajustement de la valeur marchande de leur service, par la légère hausse du prix du litre d’essence, observée depuis quelques semaines dans les stations-services de Kinshasa.

"Nous n’opérons pas isolement. Nous travaillons plutôt en réseau. Dans cet élan de solidarité, nous nous réunissons régulièrement pour analyser nos problèmes et proposer des pistes d’issue. C’est ainsi que nous nous sommes réunies récemment pour essayer de voir dans quelle mesure revoir nos tarifs, compte tenu de l’augmentation du prix du carburant à la station.

C’est à l’issue de cette rencontre que nous avons décidé, de manière concertée, de réévaluer notre métier en fixant un montant minimum raisonnable nous permettant de vivre. C’est comme ça que nous avons décidé de revoir à la hausse le coût du passage qui passe désormais de 1000 à 1.500Fc. Soit moins d’un dollar US", déclare sous couvert de l’anonymat, une autre professionnelle du sexe, visiblement cheffe du réseau.

Par ailleurs, la source précise que tout membre du réseau qui ne respecterait pas la dynamique du groupe, est d’office chassée du site. " Il est vrai qu’il y en a parmi nous, qui acceptent parfois 500Fc. Question de jouer avec la rotation pour maximiser. Nous condamnons ce comportement qui frise le bradage, voire la banalisation de notre métier.

Voilà pourquoi, nous insistons que le prix fixé de commun accord avec tous les membres du groupe, soit de stricte observance. Celles qui nous rejoignent sont acceptées moyennant payement des frais d’adhésion ", déclare souriante notre interlocutrice, cigarette allumée et enfourchée entre deux doigts.

Tout le problème, cependant, c’est qu’après service, la plupart de ces "vendeuses " du sexe à la criée, abandonnent des préservatifs déjà utilisés sur les tables des marchands attitrés du marché Tomba. Ce qui choque la pudeur et fâche les propriétaires desdites tables qui appellent sans succès, à des mesures de sécurité dudit marché. 

Situé au quartier Tomba, au centre même de la commune de Matete, non loin de la Maison municipale, le marché Tomba doit sa notoriété aux matériaux de construction et de quincaillerie de seconde main. Des câbles électriques aux tôles usées, en passant par des tuyaux PVC de diverses dimensions, des barres de fer, des tuyaux métalliques…rien ne manque sur les étals. Ce qui constitue un lieu d’approvisionnement sûr pour les plombiers, les conducteurs de véhicules et autres techniciens en électricité.

Il importe de rappeler qu’il y a quelques années seulement, un nombre important de filles de joie prenaient d’assaut le marché municipal de Matete qu’elles avaient transformé en leur lieu de transaction. Cependant, depuis qu’un service a été commis à la sécurité du marché, après sa modernisation, ces professionnelles du sexe en battue quotidienne pour la survie, ont décidé - pour le coup nocturne - de décamper pour installer leur quartier général au petit marché de Tomba.

Christelle Kitoko/forum des as


(ROL/PKF)