Rehaussée de la présence de plusieurs personnalités de marque, dont le ministre d’Etat en charge du Budget, Pierre Kangudia et, celui des Finances représenté par son directeur du cabinet, ainsi que d’autres invités, tendances confondues, spécialement dans le secteur de la santé, la présentation dudit rapport a porté sur le thème "Améliorer la Dépense de Santé pour Renforcer le Capital Humain et Assurer une Croissance Inclusive".

Comme dans les précédentes rencontres, cette édition a été marquée par plusieurs temps forts prévus dans son agenda, dont l’allocution de représentant résidant a. i., la présentantion du rapport par MM. Arsene Kaho, économiste principal pour la RDC, Moïse Thimenga Tshibangu, économiste, et, la remise du rapport aux autorités par le directeur des opérations de la BM, Jean-Christophe Carret, suivi de mot de clôture du ministre des Finances Henri Yav Mulang.

D’entrée de jeux, Jean Mabi Mulumba a rappelé l’une des missions de la Banque mondiale qui est de produire et de partager des connaissances sur les questions fondamentales liées à sa mission et à ses activités. Ces connaissances, consignées dans divers rapports et études, constituent un bien public global, mis à la disposition des pays pour les aider à mieux planifier et mettre en œuvre des programmes et des projets de développement efficaces.

"Notre ambition ne se limite pas à offrir des solutions innovantes et tangibles à travers les travaux analytiques, mais elle est aussi de stimule la réflexion et susciter un débat public sur les défis majeurs du pays", a souligné M. Mabi.

Cette publication, vise un double objectif : d’une part, offrir une revue périodique de la performance de l’économie congolaise, sous un angle essentiellement macroéconomique, et, d’autre part, analyser en substance une question de portée plus structurelle en rapport avec les défis de développement du pays.

Ainsi, le volet thématique de cette édition a trait à la problématique du financement des soins de santé en RDC dans l’optique d’une accélération du développement humain du pays. Elle met l’accent d’une part, sur la principale contrainte à l’amélioration de l’offre de services de santé, à savoir la faiblesse de la mobilisation des recettes domestiques, et d’autre part sur les contraintes liées à l’inefficacité et à l’inefficience des dépenses publiques de santé. Elle fait donc suite à l’édition précédente qui avait abordé les questions du financement des infrastructures routières indispensables pour assurer la connectivité du territoire national et du marché domestique.

Pour Jean Mabi Mulumba, la mission de la Banque mondiale est de mettre fin à l’extrême pauvreté à l’horizon 2030 et de promouvoir une prospérité partagée à travers un investissement accru, plus efficace et efficient, dans le capital humain. Cette conviction est corroborée par les récents travaux analytiques qui montrent que les pays qui ont majoritairement investi dans le capital humain ont pu jouir d’un taux de croissance moyen nettement plus élevé de 1 point de pourcentage du PIB sur la période 1991- 2015.

Ce cinquième rapport de suivi de la situation économique de la RDC invite les autorités publiques et la communauté des partenaires au développement du pays, à la vigilance car la reprise de l’activité économique, au sortir des années de crise de 2015 et 2016 et une partie de 2017 reste fragile et soumise à des risques croissants.

Toujours selon Mabi Mulumba, la relance de l’économie reste relativement modérée et n’a permis qu’une progression modeste du revenu moyen par habitant de 0,1 en 2018, sans toutefois réduire de façon significative l’incidence de la pauvreté qui touche, selon les estimations de la Banque mondiale, à un niveau intolérable. Le regain d’activité n’est dû qu’à la rigueur retrouvée du secteur minier, mais il tarde à se propager aux autres secteurs.

De même, la volatilité des cours mondiaux des matières premières exportées par la RDC et les incertitudes qu’elle engendre, au regard notamment des soubresauts enregistrés sur les marchés du cuivre, inclinent à redoubler d’effort dans la mise en œuvre de politiques appropriées pour la mitigation des risques et le renforcement de la résilience de l’économie.

Raymond Okeseleke/MMC 


(ROL/Yes)