Entre autres le renforcement des coordinations provinciales, la surveillance à base communautaire pour une détection rapide des cas, la prise en charge des cas, la communication des risques, la mobilisation sociale et l’engagement des communautés, le laboratoire etc. – « permettront aux six provinces à risque (Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Maniema, Sud Kivu et Tanganyika) de mieux prévenir de manière efficace les risques et se préparer en amont à une éventuelle survenue de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, afin de réduire son impact dans les zones de santé les plus exposées, » a indiqué le Représentant de l’OMS en RDC, Dr AllarangarYokouidé.

Le Dr Allarangar a souligné que l’OMS et ses partenaires financiers demeuraient « mobilisés dans leurs efforts pour apporter tout l’appui nécessaire aux activités de réduction des risques et de préparation au niveau des provinces ciblées, car une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola peut toujours s’annoncer à tout moment, dans n’importe quelle autre province de la RDC. »

« Nous avons priorisé ces provinces en raison de leur proximité immédiate avec celles déjà en épidémie, en l’occurrence l’Ituri et le Nord Kivu, ou encore celle de l’Equateur qui venait d’enregistrer la 9ème épidémie de la maladie à virus Ebola, » a précisé pour sa part le Directeur général de la Direction générale d’organisation et gestion des services et soins de santé du Ministère de la Santé publique  Dr BodyIlonga. C’était lors de l’ouverture, la semaine dernière à Kinshasa, des travaux de briefing des experts de ce ministère et de l’OMS.

Pour lui, « cette approche de préparation est extrêmement importante pour que les provinces ciblées soient bien préparées à réagir efficacement durant la période précédant la survenue d’Ebola, en mettant en place des mesures préventives robustes censées réduire l’impact négatif sur la population tout en renforçant les capacités locales et la résilience de ces provinces. »

L’appui de l’OMS à travers ce briefing de trois jours à Kinshasa (6 - 8 septembre derniers) avec les experts concernés, renforce la République Démocratique du Congo dans ses capacités à disposer des mécanismes pratiques de réponse et adaptés au contexte actuel d’Ebola, particulièrement dans les domaines clés des systèmes d’alerte précoce, d’investigation des cas et de recherche active des contacts à travers des outils mis à jour. Les experts formés à cet effet, permettront aux provinces à risque d’avoir des équipes de réponse rapide capables de faire un contrôle sanitaire approprié, avec la possibilité d’isoler et de référer un cas suspect à partir des points d’entrée prioritaires.

Au total, vingt-quatre experts du Ministère de la Santé, auxquels s’ajoutent ceux de l’OMS et des autres partenaires constituent l’essentiel de cette équipe multidisciplinaire de préparation à la réponse d’urgence. Ils seront déployés au cours de cette semaine par groupe de six membres dans les provinces jugées prioritaires.

Les équipes vont travailler en étroite collaboration avec les autorités sanitaires provinciales sous le leadership des Gouverneurs des Provinces. ‘‘Ce que nous pouvons tirer de cette approche, c’est de permettre à la RDC de diminuer la fréquence des épidémies qui surviennent de manière récurrente comme c’est le cas actuellement avec Ebola, afin de contribuer à sauver des vies et à accélérer le relèvement des communautés,’’ a souligné gestionnaire de l’incident de l’OMS pour Ebola en RDC, le Dr NgoyNsenga,

Des équipements de protection individuelle (EPI) ainsi que d’autres matériels et outils essentiels de prévention et contrôle de l’infection octroyés par l’OMS pour les hôpitaux généraux de référence et formations sanitaires identifiés, permettront de s’assurer que les personnels de santé de première ligne recevront au cours de trente jours à venir les formations et capacités requises pour se protéger avant toute prise en charge des cas suspects.

La République Démocratique du Congo a connu en 2018 deux épisodes de la maladie à virus Ebola, d’abord au début du mois de mai dans les zones de santé de Bikoro, Iboko et Mbandaka dans la Province de l’Equateur, (Nord du pays), puis début août dans la région de Beni, dans la Province du Nord Kivu (Est de la RDC), avec l’extension en Ituri (Nord-est).

« En nous joignant aux équipes de nos collègues du Ministère de la Santé dans les six provinces retenues, nous aurons à évaluer la situation sur le terrain afin d’apporter un soutien adapté aux différentes Divisions provinciales de la santé de manière à faire face au risque potentiel de propagation d’Ebola, ceci en raison d’intenses échanges commerciaux et de la mobilité humaine de plus en plus croissante entre le Nord Kivu et les autres provinces voisines pour garantir une réponse rapide en cas d’épidémie,’’ a souligné le Dr Anne Ancia, membre de l’équipe de préparation et réponse aux urgences de l’OMS.

A la date du 10 septembre 2018, la situation épidémiologique indiquait un total cumulé de 132 cas de fièvre hémorragique dans la région (Nord Kivu et Ituri), dont 101 confirmés au laboratoire et 31 probables. Sur les 101 confirmés, 61 sont décédés et 37 sont guéris.

L’année 2018 avait également démarré avec des graves épidémies de choléra en RDC, particulièrement dans la ville-province de Kinshasa, dans les provinces de l’Equateur, du Nord Kivu, du Sud Kivu, du Kasaï, de Maï-Ndombe, de la Mongala, et du Tanganyika. Des déplacements massifs des populations dans cette dernière province du Sud-Est du pays à la suite du conflit intercommunautaire opposant les Bantu aux populations autochtones Twa, ont également généré des besoins humanitaires importants, mettant souvent les populations vulnérables touchées à risque des maladies à potentiel épidémique et à rude épreuve pour accéder aux services de base.

OMS/Le Potentiel 


(TN/Rei/Yes)