La BM estime que les pays africains ne devraient pas alourdir autant leurs dettes. Cette interpellation a suscité diverses réactions, dont celle d'Al Kitenge. Ce brillant économiste congolais qui adopte des positions très tranchées s’est dit préoccupé par cette mise en garde de l’institution financière internationale à l’endroit des pays africains. « Je suis très préoccupé d’entendre la BM parler d’un endettement trop élevé au niveau africain », a-t-il déclaré, soutenant au  contraire que l’Afrique devrait s’endetter pour injecter des capitaux frais dans les secteurs productifs.

« Il n’est pas question de ne pas s’endetter, il faut s’endetter et allouer l’argent dans les zones productives ou à effet d’entraînement positif mais également dans la bonne gouvernance. On ne peut pas augmenter la productivité du capital humain, d’autant plus qu’il faut absolument investir aussi bien dans l’éducation que dans la santé et ne pas s’endetter », a-t-il argumenté.

L'économiste pense que le débat tourne plutôt autour de la question de bonne gouvernance et de l’allocation finale de l’argent ainsi emprunté. Pour rappel, dans son dernier rapport, "Africa’s Pulse" a fait état d’une dette africaine importante et de l’urgence de la « monitorer ».

Dans un certain nombre de pays africains, a affirmé la BM, le ratio de la dette continue d’augmenter dangereusement. « Il y a au moins cinq pays africains qui ont des taux d’endettement supérieurs de 60 % à leur PIB. La question est très sérieuse », a conclu Albert Zeufack, l’économiste en chef de la BM en Afrique.

Laurent Essolomwa

Adiac-Congo/MCP/mediacongo.net


(BTT/PKF)