Dans l’un de ses messages au sujet de Paris et d'Emmanuel Macron sur le réseau social Twitter, le président Trump se plaint des taxes élevées qui sont appliquées en France sur les produits américains, alors que les États-Unis rendent « l’accès facile » pour les Français et appliquent des tarifs « très bas ».

« Sur le commerce, la France fait d'excellents vins, mais les États-Unis aussi. Le problème, c'est que la France fait en sorte qu'il soit très difficile pour les États-Unis de vendre leurs vins en France en appliquant de gros droits de douane, alors que les États-Unis rendent l'accès facile aux vins français et appliquent des droits de douane très bas. Pas juste, cela doit changer ! »

En réalité, la France, membre de l'Union européenne, ne fixe pas les tarifs douaniers pour cette union douanière, mais Donald Trump a raison quand il affirme que ces taxes sont plus élevées que celles des États-Unis, confirme Grégory Vanel, expert de la politique économique internationale des États-Unis et professeur à Grenoble École de management.

« Les taxes que subissent les produits agricoles américains dans l’Union européenne sont de 11%. Alors qu’à l’inverse, les taxes que subissent les produits agricoles européens aux États-Unis sont seulement de 4,5%. Déjà d’une manière générale, l’UE taxe beaucoup plus les produits agricoles américains que l’inverse. Et il se trouve que dans le vin, les droits de douane appliqués aux vins en provenance des États-Unis dans l’Union européenne sont à plus de 250% en moyenne. »

Conséquences pour les producteurs

Si Washington souhaite mettre en place des barrières douanières plus importantes, l’impact serait non négligeable pour l’économie française. « Il faut savoir que le poste des vins spiritueux français est un poste extrêmement excédentaire [de la balance commerciale française], après l’industrie aéronautique. Et donc effectivement, il y aurait des conséquences extrêmement importantes pour les producteurs français de vins et spiritueux, en particulier de vins de Cognac ou des vins de Bordeaux. »

Grégory Vanel pointe que ces déclarations du président américain rentrent dans la logique de Donald Trump, qui consiste à « menacer de taxer ». « Il a passé une très mauvaise semaine la semaine dernière, avec les résultats de l’élection, et il va insister de plus en plus sur sa politique commerciale, pour montrer qu’il a des résultats en matière de politique économique. Donc, il s’attaque à chacun des déficits commerciaux qu’il juge illégitimes. »

Mais cet expert de la politique économique internationale des États-Unis souligne que Donald Trump se trompe définitivement quand il s’adresse à Paris sur cette question, « parce que c’est une question qui est du ressort de l’Union européenne ». Et de conclure : « Il n’a pas du tout compris la façon dont fonctionnent les Européens. C’est à la Commission européenne qu’il devrait s’adresser et pas au président français. »

Les vins américains n'ont représenté que 1% des volumes importés en France, en 2017.

RFI


(Yes)