En l'espace de onze mois, le prix du litre de carburant à la pompe a été réajusté cinq fois. Ce qui suscite trop d'inquiétudes au sein de l'opinion. Le prix du litre du carburant à la pompe connait une augmentation de 130 francs congolais depuis hier dimanche 18 novembre 2018, à Kinshasa. Cette hausse de prix de 6,162% est la cinquième de la série depuis le mois de janvier 2018.

Elle concerne les zones Ouest et Nord de la République démocratique du Congo (RDC). L'arrêté ministériel portant fixation de la nouvelle structure de prix de ces produits pétroliers a été signé le vendredi 16 novembre par le ministre d'Etat et ministre de l'Economie nationale, Joseph Kapika.

Au niveau du gouvernement, on rassure que cette cinquième hausse de prix du carburant à la pompe depuis début 2018 n'aura aucun incident sur les prix des denrées de grande consommation. « Les prix de référence de l'essence, du pétrole, du gasoil, du FOMI et du gaz de pétrole liquéfié (GPL) à l'Ouest, sont ceux fixés dans le tableau en annexe », stipule l'article 1er de l'arrêté du ministre de 'l'Economie nationale, Joseph Kapika.

Quant à l'article 2 de l'arrêté ministériel, lui, explique la délimitation de la zone Ouest. «La zone Ouest est constituée des provinces et villes ci-après: Équateur; Kongo Central, Kwango, Kwilu, Mai-Ndombe, Mongala, Nord-Ubangi. Sud-Ubangi, Tsuapa, la ville-province de Kinshasa, 
les villes de Mbandaka, de Bolenge ainsi que la zone de consommation nord qui comprend les villes de Kisangani, d'Aketi, de Bumba et le territoire d'Akula », précise le ministre de l'Économie.

Avant la restructuration de la grille tarifaire du litre de carburant à la pompe, le prix du litre de l'essence est passé de 1980 Franc congolais à 2.110 Francs congolais. Celui du gasoil lui, est passé de 1970 Fc à 2100 Fc.

Pour fixer les prix du carburant à la pompe, quelques paramètres entrent en ligne de compte. Entre autres, les prix moyens frontières, dans lesquels on peut distinguer les prix du baril qui est en augmentation à travers le monde. Le taux de change, c'est aussi un paramètre important que le ministère de l'Economie prend en compte.

Déjà au mois d'avril 2018, le prix du litre de l'essence était passé de 1890 à 1980 Franc congolais (FC) et celui du gasoil de 1880 à 1970 Fc. Dans l'opinion, on continue à s'interroger sur les raisons de ces différentes hausses de prix. Si certains se fient aux explications fournies par les officiels, d'autres par contre, estiment que le consommateur congolais est économiquement asphyxié.

D'une part, justifient-ils, les pratiquants du commerce sont soumis au paiement d'un grand nombre de taxes dont certaines injustifiées. D'autre part, les consommateurs sont obligés de s'adapter avec un système économique où le désordre règne en maitre, notamment dans la fixation des prix de produits et services.

« Nous ne pouvons pas comprendre qu'à l'espace de 10 mois, nous soyons soumis à des réajustements de prix du carburant à la pompe. Ce qui, chaque fois, implique une hausse de prix de produits de grande consommation. Entre-temps, notre pouvoir d'achat déjà très faible ne fait que s'amenuiser. Nous en avons marre », s'est plaint un consommateur de Kinshasa qui a requis l'anonymat.

DK/Le Potentiel 


(DNK/TH/GW/Yes)