Qui a ordonné le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ? Donald Trump a indiqué que les services de renseignement américain allaient finaliser leur rapport ce début de semaine, sans préciser s’il serait rendu public. Le prince héritier Mohammed ben Salman sera-t-il accusé ? Et si oui, comment les Etats-Unis réagiront-ils vis-à-vis de ce partenaire privilégié ? La Maison Blanche continue d’être particulièrement embarrassée.

Kirsten Fontenrose siégeait au Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, et elle était récemment en Arabie saoudite pour y discuter des sanctions que vont prendre les Etats-Unis en représailles du meurtre du journaliste dissident Jamal Khashoggi.

Défendant une ligne dure, Kirsten Fontenrose aurait eu, à son retour, maille à partir avec sa hiérarchie, et a finalement quitté son poste. Cet épisode traduit la tension que cette affaire provoque à Washington, où l’on veut afficher de la fermeté, mais sans se couper d’un allié crucial.

En première ligne, Donald Trump dit toujours attendre les conclusions définitives de l’enquête américaine. Dans une interview diffusée ce dimanche, le président a aussi indiqué qu’il ne souhaitait pas écouter l’enregistrement fourni par la Turquie. « C’est un son de souffrance, un son terrible. On m’a totalement mis au courant de ce dont il s’agit, je n’ai pas besoin de l’entendre », a-t-il expliqué.

Si 17 Saoudiens, certains de très hauts rangs, ont déjà été sanctionnés par les Etats-Unis, c’est évidemment l’éventuelle implication de Mohammed ben Salman qui est la plus problématique.

Trump rechigne à mettre en cause le prince héritier, pilier de la relation entre les deux pays. Mais au Congrès, et dans les deux camps, on pousse pour une réponse intransigeante. Le sénateur Lindsey Graham a, par exemple, déclaré ce dimanche que malgré les espoirs placés en ben Salman, il ne souhaitait plus jamais « travailler avec lui ».

RFI 


(DNK/Yes)