Fort d’une longue expérience dans le secteur du marché de change depuis 1980, l’initiateur de la Confédération des changeurs manuels de la RD Congo, COCAM/RDC, s’est dit revoir depuis le 12 mars 1998 l’ensemble des leviers d’action dans le domaine informel sous le contrôle désormais de la Banque centrale du Congo.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour procéder au réveil de cette belle endormie grâce aujourd’hui à une norme, une directive de la BCC appelée Instruction administrative 007. Cette norme est rendue disponible à la suite des négociations sociales entreprises avec l’autorité monétaire et qui a permis de faire cette réforme.

Riche de cette instruction qui régit dorénavant le marché de change manuel, Donat Lenghu Mpeya a vraiment tenu à donner la chance à cette importante corporation autrefois combattue et qui a tenu à se frayer du chemin par l’organisation et la modernisation du marché du secteur privé de change parallèle ainsi que l’assainissement de son environnement.

C’est une directive, a-t-il renchéri. Pour Donat Lenghu, du fait de l’existence de cette directive qui n’est pas passée inaperçue dans les creux du secteur informelle, c’est notamment la voie tracée par la Banque centrale non seulement pour exprimer avec force sa responsabilité, mais aussi pour doter la RD Congo des règles qui devront être coulées sous forme de lois. Par conséquent, soutien l’initiateur de la COCAM, tous les services spécialisés de l’Etat sont tenus d’être en possession de cette directive et cela aura comme conséquences la cessation des tracasseries qui s’exercent sur les membres de la profession.

La machine a été lancée dès son entame dans le secteur, qualifié jadis de marché noir. Le parcours s’est enrichi au fil des décennies. Si bien que les opérateurs de ce secteur ne cessaient de déplorer certains problèmes qui gangrenaient le marché de change parallèle, à savoir que les cambistes en avaient toujours maille à partir avec les autorités de la place. Les difficultés rencontrées étaient de divers ordres. A savoir la fermeture des bureaux de change, la confiscation d’argent avant l’instauration d’une accalmie et d’une paix sociale sur les lieux de travail.

M. Lenghu a ajouté d’autres cas liés au fait que le change était prohibé en RDC. Ce, avant de dénoncer des cas des arrestations régulières des changeurs et d’autres qui étaient jetés en prison. "Il y a eu confiscation d’argent et donc, les travailleurs n’étaient pas calme".

A noter aussi que les nouvelles pistes stratégiques offertes à la création de la COCAM/RDC ont tenu tout de même à garder le contrôle. "Nous voulons amener cet esprit dans d’autres activités du secteur informel par la dotation des règles pour bien évoluer", a déclaré Donat Lenghu.

L’histoire de change en RDC sort de loin, avant les indépendances et, aujourd’hui cette directive régit le métier. "Comme le change est tiré de l’informel, nous sommes en train de le formaliser par rapport aux normes internationales édictées par l’Organisation Internationale du Travail", a poursuivi M. Lenghu. Il y a la Convention 204 que la RDC a ratifiée qui parle de la formalisation du secteur informel de l’économie monétaire.

"Nous évoluons dans l’informel en faisant le commerce d’argent et sommes appelés à adapter cette norme aux réalités congolaises. Ainsi, a-t-il souligné, c’est par rapport à cette instruction administrative 001 que nous allons commencer à travailler, et qui est le fondement du développement durable".

En effet, soutien Donat Lenghu, à l’accession du pays à l’indépendance, la population dans sa majorité était moins préparée à son auto-prise en charge. Les colonisateurs n’avaient pas préparé les autochtones à la gestion de la chose publique, encore moins aux transactions financières et bancaires. Cette matière était exclusivement réservée aux Belges et autres blancs d’Europe voire des parties du monde autre que l’Afrique.

Il va sans dire que dans ce domaine précisément, le cambisme et autres activités économiques étaient encore dans un stade informel. La RDC a hérité d’une situation extravertie, c’est-à-dire, tous les fruits étaient destinés à l’enrichissement des pays d’origine des hommes d’affaires étrangers installés au pays.

L’impréparation des Congolais, la naissance du cambisme vers les années 65 et les pratiques dans ce pays ont été faussées dès le départ de telle sorte que qu’il va se présenter non comme un marché transparent respectueux des règles de l’art mais comme une pratique clandestine, frauduleuse de l’époque où l’on a parlé de marché noir.

Cet esprit contraire aux vertus humaines allait perdurer plusieurs années durant avec des poursuites dans la profession pour empêcher les cambistes de s’organiser sur des bases saines. C’était alors un lieu de cantonnement pour multiplier l’inexpérience professionnelle.

C’est ici le lieu de reconnaître que la profession allait bénéficier de l’écoute des professionnels, des chefs et des autorités, a déclaré Donat Lenghu Mpeya.

Raymond Okeseleke/MMC


(ROL/PKF)