Les 90% des recettes de l'entreprise n'ont pas servi ni à l'exploitation ni au paiement des salaires. Les recettes de l'entreprise ont beaucoup diminué. Il faut aussi dire que les années 2017 et 2018 n'ont pas été roses pour l'exploitation de la SCTP. Les ports maritimes, principaux pourvoyeurs des fonds à concurrence de plus au moins 90 % ont vu leurs recettes réduites à moins de 4 millions de dollars Us suite à la baisse du trafic tributaire du climat politique, économique et sécuritaire.

Il faut également dire que les travailleurs de la SCTP avaient pris l'habitude de prendre des crédits auprès des banques commerciales de la place. Comme les salaires ne suivaient plus, ces crédits bancaires produisaient des intérêts de retard de telle sorte qu'à chaque fois qu'il y avait versement de salaire dans les comptes de travailleurs, le banquier récupérait et le principal et les intérêts de retard avec bien sûr des frais connexes. Il a fallu d'abord racheter tous ces crédits bancaires et normaliser la paie. Aujourd'hui c'est chose faite dans les principales banques où les agents touchent leurs salaires. Un nombre important d'agents est domicilié chez Raw Bank, la Sofibank, Uba et Tmb. Cette situation pourrait aussi être réglée à la Fbn dans le mois à venir.


Un autre problème, c'est la saignée financière. Les comités précédents (d'avant Mukoko) avaient pris des avances auprès de grands clients et les banques qui traitent avec la SCTP pour plusieurs millions de dollars américains comme par exemples chez Beltexo, Nyumbayakiba, BGFI Bank où 
la créance de 18 millions de dollars est passée à 26 millions pour non-respect des échéanciers pourtant convenus, Minocongo, Congo futur et consorts. Le comité Mukoko n'a travaillé que dans la compensation. Le paiement de ces créances à la BGFI par mois est de près de 520 mille dollars à ce jour.

Lorsqu'un navire arrive au port avec une cargaison, les recettes ont déjà été touchées, la comptabilité ne fait que régulariser cette situation qui date de 2014, 2015 et 2016. La SCTP n'a plus jamais touché aux recettes de Socimex qui est l'un des grands clients de la société. Cette situation est réglée hormis la BGFI où il y a encore près de 22 millions de dollars américains à apurer. Si les recettes de l'entreprise n'étaient pas consommées à la source, on aurait réuni près de trois millions de dollars chaque mois, de quoi payer les salaires des agents, nous a confié une source proche de la Direction générale.


Il y a un autre problème à résoudre, les petits fournisseurs de carburants, des engins, du matériel de bureau, des portiques, des rames pour grues mobiles, des hôteliers qui présentent des factures fantaisistes pour avoir logés les agents SCTP. Il y a aussi des contrats mal négociés et des litiges créés de toute pièce par des responsables de différents services de la Société. C'est vraiment une gangrène qui date de très longtemps.

Le chiffre d'affaires de la SCTP qui était en 2014 de d'ordre de dix à treize millions de dollars américains le mois, est tombé à 3,5 millions de dollars à cause de la présence des concurrents de taille comme par exemple la MGT qui manutentionne pour près de 60% des marchandises par mois et la SOCOPE qui manutentionne un grand tonnage des vivres frais à Matadi (ango-ango). Les redevances logistiques terrestres (RLT), une taxe sur le passage instituée par le gouvernement pour financer la relance du chemin de fer ne représente pas grand' chose ou du moins elle sert surtout au paiement des jetons de présence du conseil d'administration, au paiement des commissions y afférentes instituées pour le besoin de l'opération retour.


Au chemin de fer, les wagons sont vétustes et les ateliers sont vides, beaucoup de travailleurs ont pris leur pension. Il n'y plus que cinq locomotives qui sont opérationnelles, mais qui ne peuvent pas tracter 800 tonnes le mois. La Société faisait 55 mille tonne l'an, cette année, on est monté à 63 mille tonnes au premier semestre. Au Ports et Transports Fluviales, et le Transport maritime, il faut 80 mille litres de carburant pour faire voyager Gungu, et 100 mille litres de gaz oïl pour Kokolo, c'est-à-dire environ 150 mille dollars américains pour un voyage, rien que pour le carburant.

Les efforts entrepris 
 

L'entreprise a bénéficié d'une ligne de crédit de l'ordre de 30 millions de dollars dont 13 millions ont été affectés au paiement des crédits fournisseurs et le reste, c'est-à-dire 17 millions ont été affectés à la relance de l'exploitation. Le chiffre d'affaires de la société ne dépasse pas quatre millions de dollars le mois, pendant que l’enveloppe salariale est de 3, 5millions de dollars américains le mois. Mathématiquement parlant, il faut travailler trois mois pour payer un mois parce qu’il faut mettre de côté 1,3 sur les recettes mensuelles, 1,2 millions sont affectés à l'exploitation, 1,5 millions pour les recettes consommées d'avance par les comités précédents. Pour constituer l'enveloppe salarié il faut mettre de côté 1,3 millions de dollars au moins trois fois.

Un plan social de relance a été mis au point par l'entreprise pour résoudre les problèmes du personnel actif et inactif. Il a été dit qu'il n'y aura pas de licenciement pour des raisons économiques, étant donné que les effectifs sont appelés à diminuer avec le vieillissement du personnel. Le plan social vise à apurer arriérés litigieux qui découlent de l'incapacité de la société à liquider les décomptes finals des agents qui partent en retraite les décomptes des retraités débout qui touchent un salaire d'attente identique à celui auquel ils avaient droit quand étaient en activité. Le plan vise à verser à la CNSS des pensionnés rentiers en vue de supprimer la rente conventionne supportée par la société sans contrepartie. Les rentes conventionnelles sont des rebours qui grèvent dangereusement la trésorerie de l'entreprise.

Alex Tutukala/L’Avenir 


(TN/Rei/Yes)