Motif: ils sont venus pour protester et dénoncer la mise en place d'un comité de crise dirigé par Jean- Bosco Puna, en remplacement du conseil d'administration de Me Guy Mafuta Kabongo qui dirigeait la mutuelle depuis sa création en 2009. Les manifestants ne peuvent s'expliquer que la mutuelle soit confiée, à un non enseignant. «Jean- Bosco Puna est un agent de l'administration et non un enseignant. Il relève de la Fonction publique. Il a été chassé du Syndicat des écoles conventionnées catholiques (Synecat) pour lequel il prétend parler», crient- ils avec une rare rageur.

Bien plus, il a, selon l'invitation adressée aux enseignants en date du 19 décembre 2009, avec pour objet évaluation et mobilisation contre la mutuelle, M. Puna s'était donc levé contre l'initiative du chef de l'État portant création de la MESP. Aussi les enseignants s'étonnent-ils comment 
Puna va travailler pour le bien d'une structure qu'il a combattue à sa création.

Pour eux, donc, à défaut de maintenir Guy Mafuta à son poste, il faut organiser une élection afin qu'un enseignant soit élu. A en croire Cécile Tshiyombo, secrétaire générale du Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) reconnue parmi les manifestants, les enseignants ne veulent pas de Puna à la tête de la MESP. Elle s'étonne que la loi sur les mutuelles soit foulée au pied par un club d'amis qui a propulsé à la tête de la mutuelle Jean-Bosco Puna et sa bande. Avant de conclure: « Avec M. Puna à la tête de la MES nous allons nous entretuer ».

Dans ce remue-ménage, une enseignante malade, venue pour faire signer ses documents des soins, s'est affalée telle une biche languissante. Alors que tous les bureaux étaient fermés, des secours se sont mis en place pour l'évacuer illico presto vers la clinique Ngaliema.

Tshibala revisite sa copie 

Il a fallu cette détermination dans l'action des enseignants pour que Bruno Tshibala Nzenzhe se ravise et adresse, toute affaire cessante, une correspondance au ministre d'État en charge de l'Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale. Dans sa lettre tombée quelques minutes après la manifestation bruyante des enseignants, Bruno Tshibala en joint au ministre d'Etat de surseoir à la mise en place du comité de crise à la tête de la MESP en attendant les conclusions des enquêtes du procureur général de la République et l'audit à diligenter incessamment pour prendre toute décision utile. De son avis, la décision du ministre d'État viole la loi sur les mutuelles en RDC. Il lui demande, par ailleurs, de prendre en considération ses lettres n°2018/3397 du 26 septembre et 2018/4003 du 20 novembre 2018 en rapport avec la nomination de trois administrateurs provisoires à la MESP.

Entre-temps, dans une agitation qui n'a rien de pareil, M. Puna et son équipe ont forcé les entrées de tous les bureaux pour possession de leurs postes, vingt-quatre heures seulement après leur nomination. Ils sont même passés dans les toutes institutions bancaires qui logent les fonds de la MESP pour faire opposition à toute sortie d'argent. Maintenant que le Premier ministre vient de tirer les choses au clair, qui portera la responsabilité des actes délictueux posés par l'équipe Puna en ce court laps de temps de Gestion.

Le Potentiel 


(TN/Milor/GW/Yes)