Les travaux de réhabilitation de l’avenue de l’Université trainent. Lancés depuis une année, ils n’arrivent pas à terme. A la grande déception des usagers. Interpellées, les autorités locales viennent d’amorcer la reprise des travaux depuis deux semaines. Motivés, des dizaines d’agents de l’entreprise de construction EAS s’attèlent présentement à aménager les conduites d’eau, aussi bien au niveau de Petit Pont (aux abords de Yolo Ezo) que de Kapela.

Bottes aux pieds, casquettes vissées sur le front, des travailleurs s’adonnent à ajuster des buses en pleine chaussée. Ils ont, pour ce faire, creusé une crevasse fraiche depuis deux semaines. Arborant fièrement leurs gilets phosphorescents et fluorescents estampillés ’’EAS’’, le nom de leur entreprise, ils s’affairent à cimenter ces conduites d’eau, à l’aide de leurs truelles… sous les regards d’une cinquantaine de passants et curieux.

Depuis la reprise des travaux sur l’avenue de l’Université, les populations des contrées environnantes poussent un ouf de soulagement. Elles voient chaque jour des agents s’atteler à aménager des caniveaux qui permettront de canaliser les eaux des pluies autour de la chaussée en réfection. Et visiblement, les travaux semblent prendre la vitesse de croisière.

Canaliser d’abord les eaux 

"Notre entreprise travaille d’arrache-pied pour atteindre les objectifs qui lui ont été assignés. Nous tenons à réhabiliter la chaussée au niveau du tronçon qui relie le rond-point Bongolo au Rond-point Ngaba. Nous comptons asphalter tout le tronçon pour pouvoir faciliter le trafic sur cette voie aussi bien pour les automobilistes que pour les autres usagers", nous a fait savoir un ingénieur sous couvert d’anonymat.

Mais bien avant de revêtir la couche de bitume, l’entreprise de construction ’’EAS’’ a jugé utile de reprendre les travaux en posant des buses, particulièrement au niveau du rond-point Kapela. C’est en ce lieu précis que les eaux des pluies ont créé, il y a quelques mois, une large et profonde crevasse sur la chaussée, faute de conduite d’eau. Parallèlement, les rigoles sont en train d’être débouchées pour éviter de continuer à déverser des eaux dans les alentours. Des tas d’immondices jetées par la population sont en train d’être extirpés.

"Après chaque averse, les différentes rigoles construites le long de la chaussée de cette avenue se retrouvaient bouchées. Ainsi, l’eau était régulièrement refoulée sur cette artère, qui a fini par être endommagée. C’est ainsi que nous avons opté pour les travaux de curage des caniveaux avant d’amorcer l’asphaltage", nous a soufflé l’ingénieur.

Après la plue vient le mauvais temps 

Quand il pleut, les usagers de l’avenue de l’Université sont aux abois. La couche de terre jaune déversée sur la chaussée se transforme aussitôt en marre de boue et empêche la circulation même pour les piétons. Par ailleurs, les larges bandes de terre qui longent l’artère principale sont totalement inondées. La forte averse d’hier mardi 27 novembre en a été une illustration éloquente.

A la suite de cette pluie diluvienne qui a commencé à partir de 6 heures du matin, des lacs artificiels se sont vite formés au niveau du croisement entre l’avenue de l’Université et Kapela. Tout aux alentours, tas d’autres flaques d’eaux, qui ne dessèchent plus depuis deux semaines, sont même devenues verdâtres, ressemblant désormais à des étangs.
"C’est pratiquement impossible de faire les pieds ici ! Cette artère ne permet plus aux usagers de la route de circuler aisément, tant elle devient boueuse à la suite de la terre jaune que les entreprises chargées de réfectionner cette voie ont versée", se plaint un habitant du quartier Yolo, coincé au coin de sa rue.

"Si cette route était asphaltée, nous n’en serions pas là" 

Les conducteurs des taxis et des motos sont les rares à oser s’aventurer dans cette gadoue, au risque de détériorer leurs moyens de locomotion. "Si cette route était asphaltée, nous n’en serions pas là. C’est pourquoi, nous ne reportons nos espoirs que sur les candidats qui nous promettront de résoudre ce problème au plus vite", a lâché notre interlocuteur.
Livrés aux flaques d’eau qui végètent désormais devant le centre médical Dr Yanga et la boulangerie ’’Pain de vie’’, les habitants du terroir sont en plein désarroi. Ils se plaignent d’être régulièrement à la merci des maladies ambiantes face à un environnement aussi insalubre.

Comment peut-on se plaire à acheter et à consommer des pains exposés devant une marre d’eaux vertes analogue à un étang ? Comment les malades peuvent-ils échapper à une armée de moustiques et de mouches qui vivent paisiblement dans des flaques d’eaux devenues permanentes à l’entrée de notre centre médical ?", s’interroge une jeune dame de rouge noir vêtue, la vingtaine révolue. "Que nos autorités nous viennent vite en aide", clame-t-elle.

Christelle Gibemba/Tania Mubuadi/Forum des As 


(ROL/Milor/GW/Yes)