Une campagne de lutte contre le paludisme a été lancée à Beni, ville de l'est de la République démocratique du Congo touchée par une épidémie d'Ebola qui a fait 242 morts, ont indiqué jeudi les autorités sanitaires. « Réduire l'incidence du paludisme à Beni aura un effet positif sur la riposte contre Ebola en allégeant notamment la charge de travail des prestataires de soins locaux et les équipes de la riposte », a écrit le ministère congolais de la Santé dans son bulletin journalier sur la situation de l'épidémie d'Ebola dans l'est. Pendant quatre jours, cette campagne vise à « distribuer gratuitement des moustiquaires Imprégnées » et des médicaments contre le paludisme, a précisé cette source. Le ministère de la Sante explique que jusqu’à à 50% des personnes qui arrivent au centre de traitement d'Ebola (CTE), et qui sont « considérées comme étant des cas suspects, souffrent en réalité du paludisme, dont les premiers symptômes sont similaires à ceux de la maladie à virus Ebola ».

Le paludisme est l'une des premières causes de mortalité au monde. Transmis par des moustiques infectés, il est responsable de plus de 435.000 décès par an, majoritairement en Afrique, selon l'Organisation mondiale de la santé. La RDC figure parmi les pays les plus touchés aux côtés du Nigeria, de Madagascar et de l'Ouganda, d'après un rapport de l'OMS publié mi-novembre Déclarée à Manqina, dans la province du Nord-KIVU le 1 er août, la dixième épidémie d'Ebola sur 
le sol congolais touche aussi la province voisine de l’Ituri .

L'épicentre de la maladie s'est rapidement déplacé à Beni, une région en proie à des attaques meurtrières attribuées au groupe rebelle ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF. L'épidémie d'Ebola a déjà fait plus de 240 victimes Le nouveau bilan de 1 épidémie Ebola qui frappe l'est de la RDC depuis le 1 er août s'élève 3 241 morts, selon le ministère de la Santé. Dix-neuf personnes sont décédées en cinq- jours- la semaine derrière ces chiffres inquiètent les équipes de riposte, qui doivent déjà travailler dans des conditions difficiles.

La situation est inquiétante et l'épidémie ne semble pas près de s'arrêter dans le Nord-Kivu D'autant que l'insécurité freine les efforts pour contenir Ebola, comme le Tarik Yacharevitch (Jasarevitch), porte- parole de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) : « C'est un contexte très difficile Il y a eu un grand nombre d'Incidents sécuritaires dans les dernières semaines, les cermets mois, qui ont ralenti notre travail. Mais nous sommes là. L’OMS a plus de 300 personnes surie terrain et nous faisons de notre mieux pour mettre en place toutes les mesures de riposte » Dans un tel contexte, il est compliqué d'endiguer correctement la propagation du virus. Les équipes de riposte sont chargées de repérer toutes les personnes ayant été en contact avec un malade, mettre en place des quarantaines. Des mesures contraignantes, parfois envahissantes, qui peuvent susciter des résistances Par exemple. Les morts d’Ebola doivent être Inhumés selon une procédure spéciale.

« L’enterrement digne et sécurisé ». 

Une procédure indispensable, mais compliquée pour les proches des victimes, selon Céline Degen, coordinatrice pour le CICR à Butembo: « Ce sont des gens qui sont habillés de la pointe des cheveux à la pointe des pieds en plastique et qui vaporisent du chlore sur votre proche, sur son cercueil, qui le mettent dans un sac. C'est extrêmement violent. C'est faire violence, en fait, à ces gens qui ont des habitudes et des rites très particuliers et que le virus vient complètement déstabiliser. Et donc, les gens, parfois, peuvent vouloir se cacher d'avoir été malades, vouloir enterrer leurs morts sans en prévenir les épidémiologistes et les médecins. » Mais malgré quelques résistances d'une population déjà meurtrie par les violences, la société Civile se mobilise, avec des dizaines de volontaires qui sensibilisent aux bonnes pratiques contre Ebola.

L'épidémie la plus grave au monde après celle de 2014 

«Depuis le début de l'épidémie (déclarée le 1er août. ndlr), le cumul des cas est de 428, dont 380 confirmés et 48 probables». Selon le dernier pointage du ministère de la Santé en date. L'actuelle épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo est la plus grave au monde après celle qui a frappé l'Afrique de l'Ouest en 2014, a relevé vendredi le ministre congolais de la Santé. «Au total, il ya eu 248 décès. » «Depuis le début de l'épidémie (déclarée le 1 er août, ndlr), le cumul des cas est de 428, dont 380 confirmés et 48 probables. Au total, il y a eu 248 décès (200- confirmés et 48 probables) et 131 personnes guéries», Selon le dernier pointage du ministère de la Santé en date de jeudi soir, diffusé vendredi. Il s'agit de la deuxième épidémie de fièvre hémorragique la plus grave depuis l'identification du virus Ebola en 1976 en nombre de cas, mais pas en nombre de morts. L'épidémie de 2014 avait touché plus de 25.000 personnes et tué plus de 11. 000 patients, principalement en Guinée, Sierra Leone et au Liberia. « Pourtant, c'est la première épidémie « le l'histoire dans laquelle autant de traitements préventifs et curatifs sont disponibles pour protéger la population contre Ebola. Ces traitements nous ont permis d'éviter d'avoir déjà des milliers de morts», affirme le ministre congolais de la Santé, le Dr Oly Ilunga Kalenga.

«C'est à la communauté de décider de mettre fin à la propagation de ce fléau.» «Depuis le début de la vaccination le 8 août 2018,38.018 personnes ont été vaccinées», selon le ministère de la Santé. «C'est à la communauté de décider de mettre fin à la propagation de ce fléau, en s'engageant et en respectant les mesures de prévention», selon le Dr Oly lIunga Kalenga. «Les équipes sur le terrain font souvent face à des situations difficiles. Les nombreux incident, dont les agressions physiques et 
verbales, sont souvent causés par des groupes de jeunes hostiles aux activités de la riposte» à l'épidémie, déplorait jeudi soir son ministère.

T.K./L’Observateur 


(GTM/Milor/Yes)