À l’opposé de deux autres proches de l’ancien président José Eduardo dos Santos, les généraux Manuel Hélder Vieira Dias « Kopelipa » et Leopoldino Fragoso do Nascimento « Dino », Isabel dos Santos, la fille de l’ex-dirigeant, exclut de prendre part au processus de rapatriement des capitaux lancé par le président João Lourenço. C’est ce qu’affirme la publication spécialisée portugaise Africa Monitor dans un article d’analyse sur les « manœuvres défensives de la famille dos Santos » publié dans son édition du 15 novembre.

« Isabel dos Santos refuse d’adhérer au processus, considérant que ce serait admettre la provenance illégale des fonds, ce qu’elle rejette », note la revue. A contrario, « il existe, selon plusieurs sources, un accord entre les généraux « Dino » et « Kopelipa » pour rapatrier des sommes durant la période de rapatriement volontaire » accordée par la loi.

Le 7 février, le président Lourenço, élu en août 2017, avait en effet fait adopter en conseil des ministres un moratoire de six mois durant lequel les citoyens et entreprises angolaises peuvent rapatrier les fonds illégalement domiciliés à l’étranger sans risquer des poursuites judiciaires. La procédure est gratuite, à la condition que les capitaux soient investis dans l’économie angolaise, et les autorités se sont engagées à ne poser aucune question sur l’origine des fonds.

Pas de risque de poursuite jusqu’au 26 décembre 

Publiée le 26 juin, la loi qui met en place ce dispositif laisse jusqu’au 26 décembre pour procéder à ce rapatriement volontaire. Passé ce délai, le gouvernement angolais pourra, en vertu d’une autre loi adoptée le 13 novembre, utiliser des moyens coercitifs pour récupérer les fonds. Interrogée sur le sujet, l’agence de communication portugaise LPM, qui représente Isabel dos Santos, a déclaré que les informations publiées par Africa Monitor sur sa cliente étaient « infondées ».

Isabel dos Santos, devenue la première femme africaine milliardaire en 2013 selon Forbes, se trouve à la tête d’une fortune estimée à 2,2 milliards de dollars d’après le magazine américain. Limogée de la direction de la compagnie angolaise de pétrole Sonangol par João Lourenço en 2017, elle conserve le contrôle de l’opérateur de téléphonie Unitel et de la banque BIC en Angola ainsi que plusieurs participations au Portugal dans les télécommunications (NOS) et l’énergie (Galp, Efacec).

Jeuneafrique.com 


(CI/Yes)