La République démocratique du Congo (RDC) procède à l’essai clinique des trois molécules expérimentales ou médicaments sur 336 malades atteints à virus Ebola dans la ville de Beni. Le Directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), Jean-Jacques Muyembe, l’a annoncé, jeudi 6 décembre à Kinshasa.

Ce test consiste à montrer l’efficacité et l’innocuité de ces trois médicaments, en vue de trouver un seul médicament capable de traiter la maladie à virus Ebola.

Les trois molécules ou médicaments soumis l’essai clinique renforcé sont le ZMAP, MAB114 et le REMDESIR. Il est administré sur 336 malades, en raison de 112 malades par groupe.

Cette étude est l’une des composantes importantes à la réponse contre Ebola.

« L’épidémie est loin d’être terminée. Et les méthodes traditionnelles que nous utilisons pour rompre la chaine de transmission par l’isolement des malades, la prise en charge, par les funérailles sécurisées, par la mobilisation sociale ne suffisent pas. Nous voulons maintenant traiter les malades, nous les traitons avec quatre molécules que l’OMS a autorisées », a fait savoir Jean-Jacques Muyembe.

Selon lui, la durée et la taille de l’essai clinique peut aller jusqu’à cinq ans.

« Cette étude d’après les statistiques s’élève à 336 malades. C’est difficile dans une seule épidémie de récolter ces 336 malades, c’est pourquoi nous disons que cette étude peut durer 5 ans et peut s’étendre à d’autres pays que la RDC », a indiqué le directeur de l’INRB.

S’agissant de la question éthique, il a affirmé avoir reçu l’autorisation du Comité d’Ethique, de l’autorité nationale de la règlementation et du comité scientifique indépendant.

Une quatrième molécule sera expérimentée, après l’avenant du protocole des trois premières, a-t-il ajouté.

5 nouveaux cas à Beni

Dans un communiqué publié la veille de l’annonce de cet essai clinique, le ministère de la Santé rapporte 5 nouveaux cas confirmés, dont 2 à Katwa, 1 à Butembo, 1 à Komanda et 1 à Mbalako, dans la province du Nord-Kivu.

Trois nouveaux décès sont également signalés notamment 1 à Mabalako, 1 à Katwa et 1 à Komanda.

Le ministère de la Santé annonce également que 94 cas suspects sont en cours d’investigation.

Depuis le début de cette épidémie, le nombre total de cas est de 458 dont 410 confirmés et 48 probables parmi lesquels 146 personnes guéries et 271 décès.

Pour ce qui est de la vaccination, plus de 40 mille 493 personnes ont été vaccinées à ce jour contre la maladie à Virus Ebola dans les provinces du Nord Kivu et Ituri.

Ebola : la RDC collabore avec l’Ouganda 

Les ministres congolais de la Santé, Dr Oly Ilunga, et son homologue ougandaise Jane Ruth Aceng, se sont dits satisfaits des avancées enregistrées dans la collaboration ainsi que des mesures arrêtées pour freiner la propagation de la maladie à virus Ebola, à l'issue de la réunion tenue mercredi à Goma, au Nord-Kivu, sur l'évolution de la riposte contre cette pandémie. Cette réunion qui fait suite à une autre tenue en début octobre, à Entebbe en Ouganda, a été une occasion pour les deux parties ainsi que les partenaires d'apprécier le degré d'application des recommandations. «Nous sommes deux pays voisins et frères et il y a beaucoup d'échanges entre nos deux peuples et cette rencontre était une opportunité pour établir les liens entre les responsables de «trois domaines spécifiques de collaboration» dans la riposte contre l'épidémie, ont été identifiés.

Il s'agit notamment de la surveillance épidémiologique, du contrôle des points d'entrée ainsi que de la préparation et la prévention des zones contre l'infection. Pour la ministre ougandaise de la Santé, les progrès réalisés en RDC sont encourageants, ce qui ressort des informations partagées sur le travail abattu du côté congolais. «C'est important pour nous de collaborer et de travailler ensemble pour partager les informations afin de pouvoir protéger nos populations », a indiqué Mme Ruth Aceng avant d'annoncer des mesures en cours d'élaboration pour le renforcement et la santé». L'amélioration des mesures de ministre congolais protection au niveau de la de la Santé pour une quinzaine de points d'entrées à la frontière commune entre les deux pays.

Au niveau de l'Ouganda, outre l'identification des districts frontaliers avec la RDC, l'heure est à la mobilisation générale de la base au sommet notamment avec la cartographie des entités proches des zones épicentres de la maladie. La mise sur pied des centres de dépistage, l'aménagement des sites éventuels d'isolement ainsi que le déploiement des équipes de surveillance, sont parmi d'autres mesures élaborées en Ouganda. Environ vingt mille personnes traversent quotidiennement la frontière entre l'Ouganda et la RDC, surtout chaque mardi et jeudi. Près de 450 cas ont été enregistrés dont 248 décès et environ 38.000 personnes ont été vaccinées contre le virus Ebola dans la région comprise entre l'Ituri et le Nord-Kivu. A une question sur la raison de la persistance de la maladie, le ministre Ilunga a noté l'existence des familles ayant résisté à la riposte précisément dans la cellule de Ndindi de la ville de Beni.

«S'il n'y avait pas le vaccin et si la riposte n'avait pas été efficace, on serait aujourd'hui à des dizaines de milliers des victimes», a enfin assuré le ministre congolais de la Santé qui reconnait le travail de titan abattu par les membres de l'équipe de riposte appuyés par les partenaires.

Acp/Radiookapi.net 


(BT/Milor/GW/Yes)