Malgré un accord sur un cessez-le-feu « immédiat » conclu le 13 décembre en Suède entre le pouvoir soutenu militairement par l'Arabie saoudite et les rebelles Houthis appuyés politiquement par l'Iran, des affrontements parfois violents ont secoué par intermittence la ville portuaire de Hodeïda à l'ouest du pays.

Preuve que la situation demeure instable, d’intenses combats ont éclaté mardi juste après minuit et le début de ce cessez-le-feu, pendant quelques heures avant de cesser à l’aube. Un comité incluant des représentants des protagonistes et dirigé par les Nations unies doit se rendre sur place ce mercredi pour surveiller la trêve.

« Même si le cessez le feu est réel, il y aura toujours une possibilité qu'il soit rompu, parce qu'il y a trop de parties engagées dans le conflit au Yémen, personne ne contrôle vraiment toutes ses factions sur le terrain. Cela restera toujours un problème », explique au micro de RFI Farea Al-Muslimi, président du Centre d'études stratégiques de Sanaa.

Il règne un calme relatif à Hodeïda par rapport aux semaines précédentes, expliquait Noha Mohamed, porte-parole de Médecins sans frontières au Yémen, à nos confrères de MCD mais la situation reste volatile. « On ne peut pas prévoir si le cessez le feu sera respecté pendant les jours à venir, mais on demande aux belligérants de respecter la trêve et d’épargner les civils et les infrastructures sanitaires à Hodeïda. Nos équipes médicales ont repris leur travail et prodiguent des soins aux blessés de guerre, beaucoup sont des blessés par balle et des victimes de bombardements ».

Hodeïda, ville clé pour l’acheminement de l’aide humanitaire 

« Si vous regardez Hodeïda sur une carte, c'est très compliqué d'y faire respecter un cessez-le-feu. La géographie du Yémen n'aide pas beaucoup à entamer une guerre et à y mettre fin. Il y a des montagnes, des déserts, des plages », poursuit le chercheur.

Le port de Hodeïda, principal front dans le conflit ces derniers mois est également le principal point d’entrée de l'aide humanitaire et des importations alimentaires à destination du peuple yéménite, menacé par la famine en raison de ce conflit déclenché il y a quatre ans.

« Il serait très important aussi qu'un cessez-le-feu similaire à celui de Hodeïda soit mis en place à Taez, et pour les Saoudiens, un cessez-le-feu à leur frontière, entre eux et les Houthis. Pour l'Arabie saoudite, la sécurité aux frontières est une priorité », conclu Farea Al-Muslimi.

La guerre au Yémen a fait au moins 10.000 morts, selon l'ONU. Mais des ONG estiment que le bilan réel des victimes est largement plus élevé.

RFI


(Yes)