Au lendemain de Noël, l'avocat spécialisé dans les droits de l'homme Wang Quanzhang comparaissait pour « subversion du pouvoir de l’Etat ». Celui qui a défendu les paysans expropriés et des militants politiques a déjà passé plus de 1066 jours en détention. Devant l’imposant tribunal posé sur les bords de la rivière Hexi, des larges barrières empêchaient les curieux d’approcher. Et ses proches ont reçu l'interdiction d’assister à l’audience.

Sur le trottoir, de l’autre côté de l’avenue, de faux journalistes s’amusent à cacher la vue aux objectifs des caméras de nos confrères. Les policiers en civils sont bien plus nombreux que la poignée de diplomates et de journalistes étrangers présents. Dans ce genre de procès politique, l’audience tombe au cœur des vacances, comment souvent, lorsque l'attention de l'occident tend à se relâcher.

« Un homme bien » 

« Pourquoi je ne peux pas aller à Tianjin, c’est le procès de mon mari » demandait ce mardi 25 décembre, Li Wenzhu, l’épouse de Wang Quanzhang aux agents postés devant sa maison de la banlieue de Pékin. Le scénario est le même ce mercredi matin 26 décembre. « Les policiers m’ont collé comme du nougat, ils m’empêchent de partir », écrit l’épouse de l’avocat sur la messagerie WhatsApp à 6h41.

« Nous avons pris l’escalier, mais il y avait un comité d’accueil à la sortie de la résidence », explique pour sa part Wang Xiaoling, l’épouse de l’avocat Li Heping. Il fait lui aussi parti du groupe dit 709, pour 9 juillet 2015, date de la rafle de 200 avocats et militants des droits humains en Chine.

À la fin de la matinée, un militant des droits de l’homme venu de la province du Heilongjiang (Nord-est) a fini par arriver devant le tribunal. « Wang Quanzhang est un homme bien », lance-t-il à la cantonade, avant de disparaitre dans une voiture noire de la sécurité publique.

RFI 


(Yes)