Si la loi marocaine n'impose nullement l'établissement d'un «certificat de virginité» avant mariage, elle ne l'interdit pas pour autant formellement et, dans les faits, la pratique serait encore répandue et ce, quelle que soit la classe sociale, comme l'expliquait la sociologue Soumaya Naamane Guessous au HuffPost Maroc en octobre dernier.

En ce début d'année 2019, selon le journal Assabah repris par Baldi, des médecins du secteur privé comme du secteur public, ont décidé de ne plus fournir ces certificats ni de pratiquer de tests de virginité. En cause : le caractère dégradant de ces tests pour les femmes, la menace que cela fait peser sur leur santé physique et mentale et enfin l'absence d'obligation légale au Maroc.

Des tests dangereux et inutiles


En octobre 2018, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a remis un rapport qui affirme que ces tests n'ont «aucune valeur scientifique et sont potentiellement dangereux» pour les femmes. Cette pratique, «médicalement inutile, humiliante et traumatisante» est basée sur l’idée – fausse – selon laquelle on peut prouver la virginité d'une femme si son hymen est intact, véritable «mythe» selon l'OMS. La raison ? L'hymen évolue constamment au cours de la vie d'une femme, rappelle l'institution, et donc, les lésions qu’il peut présenter guérissent généralement rapidement.

En outre, toujours d'après l'OMS, ces tests peuvent se révéler dangereux pour les femmes, en provoquant des saignements ou en favorisant la transmission d'infections sexuellement transmissibles. Les conséquences psychologiques de ces tests peuvent aussi être graves et entraîner anxiété, dépression ou stress post-traumatique.

Le plus souvent, au Maroc comme dans les autres pays où ils sont pratiqués (en Afghanistan, au Brésil, en Indonésie ou en Iran, mais aussi au Royaume-Uni ou en Irlande du nord selon l'institution des Nations Unis), ces tests sont effectués, de gré ou de force, à la demande du mari ou de la famille même de la mariée.

Madame.lefigaro.fr 


(CI/Yes)