Le recteur de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), le Pr Daniel Ngoma-Ya-Nzuzi a conféré vendredi au chef de travaux, Sylvain Mavinga Mvumbi, le grade de docteur en sciences à l’issue de la soutenance publique dans la salle des promotions Luc Gillon, d’une thèse de doctorat intitulée « Production de combustibles ligneux et dégradation des formations forestières dans l’hinterland de Kinshasa ».

Cette thèse qui a valu au récipiendaire la mention « distinction », est une étude de plus de 205 pages subdivisée en cinq chapitres. Elle a été réalisée de 2013 à 2018 spécialement dans les localités situées dans l’hinterland de Kinshasa, à savoir : Kisantu, Boko-Mbuba dans le territoire de Madimba, Luila, Kinseki, Ntampa, Kindamba dans le territoire de Kasangulu, Inkiène, Bita, Dumi et Mutane dans le plateau de Bateke à Kinshasa-Est.

L’objectif principal de cette étude doctorale est d’amener les producteurs de combustibles ligneux à exploiter les formations forestières conformément aux exigences de l’écologie et de l’économie positive.

Pour une meilleure appréhension, le récipiendaire a recouru à l’observation sur le terrain pour décrire l’état de la dégradation des formations forestières tout en avertissant les communautés locales sur les aspects relatifs aux problèmes de la végétation.

Sylvain Mavinga a souligné trois types des zones dans son étude, à savoir : des zones à faible ressource ligneuse lesquelles sont déjà exploitées avec de reliques d’arbres ou robustes conservés pour une autre raison par les exploitants forestiers. D’autres zones sont celles que l’on qualifie de naturelles du fait qu’elles sont formées d’espèces indigènes auto-régénérées où des traces d’activités humaines qui sont clairement visibles. Enfin, des zones relativement éloignées où la ressource ligneuse est encore relativement consumée.

Les résultats obtenus indiquent que la production des combustibles ligneux est abandonnée à son propre sort ou pas contrôlée.

Nécessité de la mise sur pied d’un programme d’éducation environnementale

Par ailleurs, Sylvain Mavinga a soulevé la nécessité de voir le gouvernement mettre sur le plan national un programme de concertations régulières, sinon d’éducation environnementale au niveau des ménages, des familles, des communautés locales, des églises en vue de la conservation et de la protection de l’environnement, des écosystèmes forestiers et des savanicoles.

Face à la crise écologique liée à la mauvaise gestion des écosystèmes forestiers, il a  recommandé à l’Etat congolais de se remettre en question afin de changer ou amender et d’élaborer concomitamment avec le processus REDD +, un plan national d’aménagement global de la forêt en mettant en exergue les devoirs et droits de la forêt.

Il a lancé une invitation aux chercheurs dans les universités  d’effectuer de recherches relatives à des relevés floristiques et faunistiques au moins chaque année dans l’hinterland de Kinshasa et ailleurs en vue d’inventorier les espèces qui  se développent chaque année.

Quant aux communautés rurales et urbano-rurales, elles ont pour mission de rendre durable l’exploitation des formations forestières à travers différentes initiatives relatives à la conscientisation et responsabilisation de chefs coutumiers et d’autres parties prenantes en vue d’une véritable gestion intégrée, a-t-il dit.

Cette thèse a été examinée par un jury composé par le promoteur, le Pr Lambert Binzangi Kama Landua et les co-promoteurs, les professeurs Félicien Lukoki Luyeye et Dieudonné Musibono Eyul’Anki.

ACP


(BTT/PKF)