Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) rassure la population sur l'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action. Il met un accent particulier sur la marque Dawa/Tana 2.0, produite entre janvier 2017 et avril 2018 par le fabricant Tana Netting, firme pharmaceutique pakistanaise. "Dormir sous une MILD est le seul moyen de se protéger contre le paludisme", soutiennent le PNLP et ses partenaires, dans une déclaration le week-end dernier à Kinshasa, devant les professionnels des médias.

Réagissant à la lettre ouverte d'une Organisation de la Société Civile (OSC) qui a alerté le ministère de la Santé sur le sous-dosage des moustiquaires de marque Dawa/Tana, le PNLP a tenu à fournir sa version face aux accusations formulées à l'encontre de cette firme asiatique qui aurait utilisé "une formule non approuvée pour l'adhérence de l'insecticide au tissu de la moustiquaire".

« En effet, les tests post-expédition avaient abouti à la détérioration rapide de l'insecticide dans les MILD par rapport à la durée de ses intrants, comme prévu lors de leur fabrication et de leur imprégnation", avait noté le PNLP. "Pourtant, toutes ces MILD griffées "Dawa Tana", avaient été jugées conformes aux spécifications du produit lors de leur soumission aux tests de qualité avant-expédition", a précisé le PNLP, polémique autour de la quarantaine. 

« Face à cette situation, ce programme du ministère de la Santé a demandé à ses partenaires de mettre en quarantaine les moustiquaires encore en stock dans les centrales de distribution régionales (CDR) à travers le pays", a déclaré Dr Eric Mukomena. C'est ainsi que le PNLP a convoqué une réunion stratégique avec les partenaires, au terme de laquelle, il a été décidé de maintenir en quarantaine les moustiquaires imprégnées, présentes dans les dépôts régionaux. Ce, en attendant les résultats de l'INRB et de l'UNIKIN.

Par ailleurs, le PNLP et ses différents partenaires estiment que les avantages pour la santé publique, à travers la distribution des moustiquaires, l'emportent largement. Aux dires de Dr Eric Mukomena, le PNLP croit que cette situation n'entache pas la qualité du travail mené sur terrain et n'enlève rien à la qualité de l'arme de protection et de lutte qu'est la moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action. 

« Celle-ci », a-t-il poursuivi, "protège et tue les anophèles dont les piqûres transmettent la malaria". L'OMS salue l'alerte de la société civile A ce sujet, le directeur du PNLP invite les médias à continuer à sensibiliser la population sur l'utilisation correcte, efficace et systématique de la MILD. Dr Bakary Sambou, responsable du paludisme au bureau de l'OMS/Kinshasa soutient que la MILD constitue un élément majeur de prévention de la lutte contre le paludisme. Puisqu'il n'y a pas d'autres méthodes en dehors d'elle, a-t-il justifié.

« Cette alerte de la Société civile prouve que les gens sont soucieux de la qualité des produits envoyés au pays », a-t-il souligné. Dr Bakary Sambou a saisi cette occasion pour préciser que, dans tous les pays où les produits sont envoyés, ils sont testés non seulement à la sortie de l'industrie, mais également à l'arrivée pour s'assurer qu'il s'agit des mêmes qui étaient examinés à la fabrication. Pour ce cas, c'est le Fonds Mondial qui a interpellé l'OMS pour demander au service de pré qualification de faire le test de confirmation.

C'est ce qui a été fait en détectant que la quantité d'insecticide de ces moustiquaires était un peu en-dessous de ce qui était attendu, a-t-il reconnu. D'après Dr Sambou, les MILD sont envoyées dans des bateaux qui prennent plusieurs mois avant d'arriver à leur destination. C'est la raison pour laquelle l'OMS a pris l'initiative de mener une étude pour connaître l'impact de ce long voyage, a-t-il mentionné.

« Cette situation concerne beaucoup de marques de moustiquaires. Et ce n'était pas toutes les marques Dawa qui sont concernées", a souligné le responsable du paludisme à l'OMS. "Ces moustiquaires sont toujours importantes, bien que le dosage d'insecticide ne soit pas optimal. ''On y retrouve toujours l'insecticide qui tue toujours les moustiques. A mon avis, ces moustiquaires sont toujours utiles", a conclu Dr Bakary Sambou.

Mathy Musau/Forum des As


(TH/GTM/PKF)