Le président de la République va tirer prof de sa première sortie officielle à l’intérieur du pays pour réunir tous les acteurs concernés par le bon fonctionnement du port très stratégique situé à la frontière avec la Zambie.

Deuxième poste-frontière en volume de trafic et premier poste-frontière terrestre, le port de Kasumbalesa est repris dans l’agenda du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en déplacement depuis ce vendredi 12 avril 2019 dans la capitale cuprifère, Lubumbashi.

Il y présidera une réunion du Conseil supérieur de la défense avec les officiers supérieurs de défense et de sécurité civils et militaires.

Pendant son séjour de travail, le chef de l'Etat entend réunir également les responsables du gouvernement de la République concernés par le fonctionnement du poste frontalier de Kasumbalesa.

Cette rencontre haute en importance intervient juste quelques semaines après la fermeture, par la partie zambienne, de sa frontière pendant trois jours en réponse à une insécurité grandissante dont seraient victimes ses ressortissants ainsi que les conducteurs des camions poids-lourds sur le sol congolais. Preuve de l’ampleur de l’enjeu, la douane congolaise enregistre chaque jour une moyenne de cent quatre-vingt-dix camions et près de cinq cents en importation.

Ces engins sortent essentiellement les produits miniers à partir des produits limitrophes, alors qu’un éventail de produits manufacturiers, dont les équipements miniers et autres biens de consommation entrent quotidiennement par cette porte.

Au cours des dernières années, plusieurs travaux ont visé les infrastructures routières. L’idée est d’assurer l’ouverture de cette partie du pays vers les pays voisins et les sites d’extraction minière. Justement, la question sécuritaire va s’inviter certainement dans les discussions du reste très attendues sur le port de Kasumbalesa. En dehors de la sécurité, il y a aussi un état des lieux à dresser sur certaines réformes majeures, dont la réduction du temps des formalités de douane aux frontières et le désengorgement de la voie de sortie vers Kasumbalesa.

Beaucoup d’analystes espèrent des décisions courageuses sur la sempiternelle question de limitation des services autorisés à opérer au niveau des postes frontaliers. Enfin, il faut placer en bonne place la construction du port sec de Kasumbalesa pour lutter contre la fraude. Il s’agit d’un complexe comprenant une aire de stationnement, des terminaux, des entrepôts, des zones de stockage, un pont bascule et un bureau de dédouanement. Le port sec s’étend sur une superficie de soixante-deux hectares, avec une capacité d’accueil de trente millions de fret par an et une capacité de stationnement de mille cinq cents camions.

Pour rappel, la première pierre de la construction du port sec avait été posée par l’ancien président, Joseph Kabila, en 2018.

Laurent Essolomwa/Le Courrier de Kinshasa


(ROL/Yes)