Avoir un schéma de jeu défini à l’avance, tout le monde vous le dira, c’est mieux que d’arriver sur le terrain sans aucun plan. Mais le football est fait de surprises et d’improvisation. Et l’on a beau être la meilleure équipe du monde, on ne fait pas toujours ce que l’on veut sur la pelouse.

Pour remporter leur quatrième titre de champions du monde féminins de football, face aux Pays-Bas, ce dimanche 7 juillet à Lyon (2-1), les États-Unis ont parfois dû faire fi du spectacle. L’adversaire du jour était incontestablement moins fort techniquement. Les Pays-Bas, pour tout dire, étaient venus pour défendre. La preuve en est, ils n’ont tiré que six fois au but – contre dix-sept fois pour leur adversaire – pour une seule tentative cadrée.

Pourtant, pendant une heure, les joueuses de la sélectionneure Sarina Wiegman ont posé un problème insoluble aux Américaines. Et cela d’autant plus que la gardienne Sari Van Veenendaal était dans un grand jour et a multiplié les arrêts décisifs.

Surtout, les Pays-Bas se sont présentés avec un schéma de jeu inédit, puisque leur avant-centre Vivianne Miedema jouait décrochée, laissant Lyneth Beerensteyn seule en pointe. Si cela n’a pas favorisé l’allant offensif des Néerlandaises, la densité ainsi créée au milieu de terrain a terriblement gêné les Américaines. « Ce match a été incroyablement difficile », a reconnu Jill Ellis, la sélectionneure américaine.

Une équipe rompue aux batailles

Pour se tirer du piège orange, les Américaines ont bénéficié d’un coup du sort. Un penalty généreusement sifflé par l’arbitre Stéphanie Frappart après l'intervention des arbitres vidéo. On jouait depuis une heure et Megan Rapinoe pouvait enfin délivrer ses coéquipières en transformant sa tentative. Pour Jill Ellis, cette décision n’a pourtant été qu’une péripétie. « Cela allait venir, avec ou sans ce penalty », a-t-elle déclaré.

La vérité est qu’on ne saura jamais ce qu’il eût advenu du sort de cette finale sans ce penalty. Mais l’on sait aussi qu’après l’ouverture de la marque, parce qu’elles se sont senties plus libérées et parce que leurs adversaires, en devant attaquer, leur ont laissé du champ, les Américaines sont devenues irrésistibles, démontrant qu’elles étaient bien la meilleure équipe du tournoi.

Supérieures techniquement sans pouvoir marquer pendant une heure, mises en échec tactiquement, contrées physiquement, les coéquipières de Megan Rapinoe se sont finalement appuyées sur leur expérience pour l'emporter.

Celle qui a été élue meilleure joueuse du tournoi l’a d’ailleurs reconnu : « Nous avons joué sur notre expérience durant tout le tournoi, au cours duquel nous joué des matchs incroyablement durs. Nous, les joueuses plus âgées, avons porté cette responsabilité et montré l’exemple aux jeunes, c’est l’une principales raisons qui expliquent notre succès.

Il n’y a pas d’équipe plus rompue aux batailles dans les matchs à élimination directe que nous. C’est ce qui nous définit. » Il est vrai que sur ce plan, les Pays-Bas, qui disputaient leur première finale, n’avaient aucune chance.

rfi.fr


(SNK/PKF)