« De ma propre initiative, je le répète, de ma propre initiative, je tiens m’en excuser très sincèrement auprès du président Tshisekedi, auprès du président Kabila mais aussi auprès du peuple de la RDC. », a déclaré Christian Malard dans un autre duplex, cette fois, pour le mea culpa. Son adresse ne s’est pas arrêtée là. Il a enchainé quelques mots bienveillants : « Et puis j’ai envie de leur dire et que je leur souhaite bonne continuation et courage dans cette période où le Coronavirus ébranle la planète toute entière. Et puis j’espère vraiment que l’avenir nous permettra d’avancer en toute solidarité et sérénité dans le respect mutuel et avec une meilleure compréhension, peut-être, de ma part. »

Bien avant ces mots, ce vieux journaliste s’était fendu de deux duplexes totalement insultants à l’égard des autorités congolaises, particulièrement le président Félix Tshisekedi qu’il a qualifié de « tyran » et « d’escroc » avant de porter les mêmes qualificatifs à son prédécesseur, Joseph Kabila, tout en ajoutant une nouvelle couche : « tyran sanguinaire ». Des mots qui ont révolté des Congolais aussi bien dans les rangs des officiels que des non-officiels.

La première à monter au créneau, c’est la ministre des Affaires étrangères, Marie Ntumba Nzeza, qui a adressé une correspondance, le 26 avril dernier, à son homologue israélien, regrettant des propos « méprisants, injurieux, irrespectueux et irresponsables » tenus par ce journaliste. Elle a notamment invité la chaine i24 News et son journaliste à présenter des excuses publiques au peuple congolais et à son chef de l’Etat.

Un autre officiel congolais, non ce moindre, c’est le ministre de la Coopération internationale, Pépin-Guillaume Manjolo qui, sur la chaine nationale congolaise (RTNC), a qualifié ces propos « d’indignités ». Il a révélé qu’il a appelé « personnellement » le président de cette chaine israélienne qui s’est excusé de ces propos. Pépin-Guillaume Manjolo disait attendre également des excuses de Christian Malard, avant de répondre à l’invitation de cette chaine. « Il s’agit ici d’abord de l’institution présidentielle, chez nous, c’est sacré ! Si chez eux, ce n’est pas sacré, c’est leur problème ! », peste le ministre Manjolo, visage tiré.

Le ministre de la Coopération internationale en a profité pour rappeler l’état dans lequel, l’ex-président Joseph Kabila avait trouvé la République démocratique du Congo. « (…) le président Joseph Kabila a trouvé le pays dans des conditions très difficiles… Ce pays qui a été géré par l’Occident à travers une dictature pendant près de 32 ans et récupéré quasiment en miettes, il en a fait un pays honorable, structuré, avec des institutions… », a-t-il relaté. Avant d’ajouter que face à Joseph Kabila, un opposant de très longue date [Félix Tshisekedi, Ndlr] « qui a été relégué avec son père pendant très longtemps. Ces deux personnalités [Joseph Kabila et Félix Tshisekedi] qui ont souffert de martyrs dans ce pays amènent sur leurs épaules la dignité et la souveraineté de notre peuple dont les souffrances remontent à des très longues dates (colonisation et esclavage). »

Pour Pépin Guillaume Mandjolo, ce journaliste n’est qu’une sous-traitance de certains Congolais. « Il y a une série de compatriotes qui sous-traitent ce message ignoble », a-t-il révélé. Et du côté de certains Congolais, les analyses de ce journaliste « manquent de lucidité » et d’équilibre. « Il est vieux, c’est fort possible qu’il radote », ironise pour sa part un internaute.

Dido Nsapu


(DNK/Yes)