Dans un vote sans surprise, la majorité des délégués démocrates ont choisi l'ex-vice-président pour défier le milliardaire républicain, au deuxième jour de la convention du parti organisée à Milwaukee, mais entièrement virtuelle en raison du Covid-19.

« Merci du fond du cœur », a réagi Joe Biden Biden, 77 ans, dans un message vidéo en direct. Il doit accepter cette nomination ce jeudi, lors du discours de clôture de la convention qui fera entrer la campagne électorale dans le vif du sujet.

Deux anciens présidents Jimmy Carter et Bill Clinton ont attesté de l’expérience de Joe Biden, souligné sa capacité à diriger le pays, rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet. Tous deux ont aussi évoqué le chaos semé par Donald Trump.

Alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et sanitaire, « le Bureau ovale devrait être un centre de commandement. Au lieu de cela, c'est le cœur de l'orage. Il n'y a que le chaos », a affirmé Bill Clinton. Jimmy Carter a pour sa part salué « l'expérience, la personnalité et la décence » de Joe Biden « pour nous rassembler et restaurer la grandeur de l'Amérique ».

L'étoile montante au Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, figure de l'aile gauche du parti et farouche opposante du président, n'a elle eu droit qu'à une brève intervention.

Colin Powell : les « mêmes valeurs » que Joe Biden

Pour enfoncer le clou, deux figures respectées du parti républicain ont affiché leur soutien à Joe Biden, capable, selon eux d'unifier les modérés des deux camps : Colin Powell, ancien général et chef de la diplomatie américaine, et Cindy McCain, la veuve du sénateur John McCain, décédé en 2018, héros de la guerre du Vietnam que Donald Trump détestait.

« Les valeurs que j’ai acquises en grandissant dans le Bronx et en servant en uniforme sont les mêmes que celles que les parents de Joe Biden lui ont transmises à Scranton en Pennsylvanie, a déclaré Colin Powell. Je soutiens Joe Biden à la présidence des Etats Unis parce que ces valeurs le définissent toujours et nous devons restaurer ces valeurs à la Maison Blanche. »

Barack Obama doit s'exprimer ce mercredi soir, après la colistière de Joe Biden, Kamala Harris.

« Il est comme ça » Joe Biden

Jill Biden, l’épouse du candidat, s’est pour sa part chargée de brosser le portrait d’un homme empathique, doté d’une capacité de résilience hors du commun. « Quatre jours après les funérailles de Beau, j’ai regardé Joe se raser, enfiler son costume.Je l’ai vu s’aguerrir dans le miroir, respirer un coup, rejeter ses épaules en arrière et sortir dans ce monde où notre fils n’était plus. Il est retourné travailler. Il est comme ça. »

Jill Biden s’est exprimée dans une école où elle a enseigné. Elle veut continuer à exercer même si son mari accède à la Maison Blanche.

« Marionnette »

Soucieux de ne pas laisser les démocrates accaparer toute l'attention médiatique, Donald Trump sillonne les États-Unis, concentrant ses efforts sur les États-clés. Après le Minnesota et le Wisconsin lundi, il s'est rendu ce mardi dans l'Iowa et en Arizona. Il a renouvelé, à cette occasion, ses attaques chaque jour plus agressives envers celui qu'il affuble systématiquement du surnom moqueur de « Sleepy Joe » (« Joe l'endormi »).

« Joe Biden est la marionnette de la gauche radicale », a lancé le président, pour mobiliser son électorat conservateur. Cela va au-delà du socialisme. La Chine veut absolument qu'il gagne! L'Iran veut absolument qu'il gagne ! »

« Notre pays était divisé sous ObamaBiden »

Pour la soirée d'ouverture de la convention, l'ex-Première dame Michelle Obama, qui bénéficie d'une cote de popularité inoxydable dans le camp démocrate, s'était livré lundi à un réquisitoire sur le bilan de M. Trump et dénoncé son « manque total d'empathie ».

Accusé d'avoir creusé le fossé entre deux Amériques, une « rouge » (républicaine) et une « bleue » (démocrate), Donald Trump a répondu du tac au tac sur Twitter. « Les gens oublient combien notre pays était divisé sous ObamaBiden », a ajouté le président, en difficulté dans les sondages.

L'actuel locataire de la Maison Blanche Trump a confirmé qu'il prononcerait son discours à l'issue de la convention républicaine depuis les jardins de la Maison Blanche, le 27 août.

RFI


(Yes)