Les Nations unies se sont montrées préoccupées par les menaces de mort dirigées contre Dr Denis Mukwege. Michel Bachelet, la Haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme a, dans son communiqué publié vendredi 28 août à Genève, demandé une enquête sérieuse et approfondie sur les menaces de mort contre Dr Denis Mukwege, « cet homme de reconnaissance mondiale qui s’est sacrifié pour les femmes victimes des violences sexuelles. »

Le secrétaire général de l’ONU, la cheffe de la Monusco ainsi que la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme insistent pour que des enquêtes soient menées pour assurer la sécurité du prix Nobel de la Paix 2018. Dans la même déclaration, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme a demandé aux autorités congolaises de mener des enquêtes afin de traduire en justice les auteurs des menaces de mort contre Dr Mukwege.

Par ailleurs, Michel Bachelet salue l’engagement du président Félix Tshisekedi dans la préservation de la sécurité du Prix Nobel de la paix 2018. « Je salue l'engagement public du président Tshisekedi à assurer sa sécurité, et j'espère que Denis Mukwege et son équipe bénéficieront d'une protection complète de la part des autorités congolaises afin que le travail indispensable qu'ils accomplissent jour après jour à l'hôpital de Panzi puisse être garanti », a déclaré Michel Bachelet.

Denis Mukwege reçoit les menaces de mort en rapport avec sa prise de position sur les crimes à répétition dans la partie Est du pays. Il réclame la mise en œuvre du « rapport mapping » de l’ONU de 2010, mais surtout l’instauration d’un tribunal pénal spécial pour la RDC. Depuis ces menaces, des nombreux Congolais ont pris position pour le Prix Nobel de la paix 2018. Mais pas seulement. En Belgique notamment, plusieurs organisations ont pris la défense du docteur.

Sur Twitter, des Congolais s’en prennent parfois vertement à des dirigeants des pays voisins soupçonnés d’être impliqués dans les massacres en RDC. Face à cette escalade, Mukwege exhorte ses soutiens à répondre aux messages de haine par l’amour. « A ceux qui se reconnaissent dans notre lutte pour la justice et la paix, nous les exhortons à ne jamais céder à la provocation. Qu'ils répondent aux messages de haine par l'amour, qu'ils opposent la vérité au mensonge, qu'ils accordent le pardon aux insultes. », a-t-il tweeté.

Dido Nsapu


(DNK/PKF)