Dans une correspondance adressée à l’Inspection générale des Finances avec copies au Président de la république, au président du Sénat et au Premier ministre ainsi qu’à la société sud-africaine Africom Commodities, l’ancien Premier ministre Matata Ponyo, actuellement sénateur, sollicite qu’une enquête soit ouverte afin de faire la lumière sur la gestion du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.

Le dossier de ce parc, dans lequel des millions de dollars ont été engloutis sans résultat probant, est sujet d’actualité ces derniers temps, surtout après le gâchis constaté par le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba lors de sa récente visite dans ce site. En effet, quelle n’a pas été la surprise de Sylvestre Ilunga de constater que les équipements techniques, dont des tracteurs neufs étaient sans moteur, et des intrants (engrais chimiques) pourrissaient sans que personne n’en émeuve. Pourtant, exécuté dans le cadre de la « Révolution de la modernité », ce projet avait suscité beaucoup d’espoir au regard de son objectif principal d’assurer l’autosuffisance alimentaire de tout le pays.

Aussitôt après ce constat amer, des voix se sont de nouveau élevées pour stigmatiser la mauvaise gouvernance qui a émaillé ce projet phare. L’indignation publique a suffi pour faire sortir Matata Ponyo de sa réserve et d’exiger un audit sans doute pour se laver de tout soupçon de détournement. Sur les réseaux sociaux, certains y sont allés avec leur humour en affirmant que « Matata Ponyo est chanceux, il a semé à Bukanga-Lonzo pour récolter une université à Kindu ».

Cependant, dans son plaidoyer, Matata Ponyo lance la pierre à ses successeurs, précisément Samy Badibanga et Bruno Tshibala. Il suggère pour faciliter l’enquête de l’IGF que les rapports des différents audits sur le projet qu’il avait commandés à l’époque auprès d’Ernst el Young puissent servir de base à cette action.

Théodore Ngangu


(TN/Yes)