L’Agence congolaise de presse (ACP), qui ouvre le bal, titre : « Les questions liées à la  gestion du pouvoir judiciaire au menu des échanges à la Présidence de la République ». L’agencier, dans son bulletin, renseigne que le président de la République, Félix Tshisekedi a examiné, mercredi, avec les membres du bureau du Conseil supérieur de la Magistrature, des questions liées à la gestion du pouvoir judiciaire en RDC, au cours d’une audience qu’il leur a accordée à la cité de l’Union africaine, à Kinshasa. Selon l’ACP, qui cite le responsable judiciaire : « l’examen des questions qui concernent la gestion du pouvoir judiciaire en RDC a constitué le menu principal des échanges », a indiqué à l’issue des entretiens, le président ai de la Cour Constitutionnelle, et  Procureur général, Jean Paul Mukolo Mpolesha, affirmant que  les relations entre le pouvoir judiciaire et les différentes institutions étaient bonnes et que la Justice fonctionnait normalement.

Ce qui ne semble pas le cas, à en croire les lignes de Forum des AS qui planche aussi sur cette crise à la Cour constitutionnelle, et publie en manchette : « Reçus à tour de rôle par le chef de l’Etat : Pouvoirs législatif et judiciaire aux antipodes ». Alors que la rentrée judiciaire est prévue pour ce jeudi, le journal explique que « l'ombre des ordonnances présidentielles querellées de juillet va planer sur cette cérémonie. » Aujourd’hui, poursuit le tabloïd, cette rentrée judiciaire intervient dans un contexte particulièrement complexé avec une Cour constitutionnelle incomplète.

Par conséquent, note-il, « elle ne peut statuer sur quoi que ce soit, ne disposant pas d’un quorum de siège qui est de sept Juges. Elle n’en dispose en ce moment que de cinq. En plus, la Cour constitutionnelle qui assure la Présidence du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) n’est présidée à ce jour que par un Président intérimaire, donc qui ne peut rien décider. » On n’avait encore jamais connu pareille situation dans les annales judiciaires en RDC : une rentrée judiciaire sans la Cour constitutionnelle, commente Forum des AS. « On tombe des nues ! », ajoute-t-il. Et pourtant, fait remarquer le confrère, « c’est cela la réalité des choses. Pas sûr qu’elles vont se normaliser demain. »

Une crise qui n’en est pas une pour un autre journal de Kinshasa, Le Phare. Ce tabloïd qui fait appel à un ancien juge de la cour constitutionnelle, titre : « Cour constitutionnelle, Banyaku : ‘‘Il n’y a pas de crise’’ ». Ce journal qui rappelle les points précis traités lors de la rencontre entre les présidents des deux chambres du Parlement et le chef de l’Etat livrés par Thambwe Mwamba et Jeanine Mabunda, les deux speakers « se sont limités à souligner leur attachement aux textes. Traduisez : ‘‘En face, on viole les textes’’ ! » Rien n’a donc changé dans la posture des présidents de deux chambres. « Le professeur Banyaku Luape met un point d’honneur à clarifier le débat. En quelques phrases, il rappelle à tous les empêcheurs de tourner à rond qu’il n’y a pas de crise institutionnelle en vue. », peut-on lire dans les colonnes de ce quotidien.

Le journal La Prospérité, quant à elle, confirme la prestation de serment et publie à la Une : « Trois nouveaux juges constitutionnels prêteront serment devant Félix Tshisekedi ! » Le journal qui cite aussi le président ai de la Cour Constitutionnelle, et  Procureur général, Jean Paul Mukolo Mpolesha indique qu’abordant « le problème de dernières nominations intervenues par ordonnances au sein de la magistrature, le Président a.i de la Cour  Constitutionnelle a laissé entendre que la procédure suivie par le chef de l’Etat était légale et n’était empreinte d’aucune violation avant d’affirmer que les  juges récemment nommés prêteront incessamment serment devant le Chef de l’Etat. »

Dido Nsapu


(DNK/Yes)