Lors de son précédent interrogatoire, en juin 2019, l'ex-chef de l'État avait dit être "totalement innocent dans cette affaire". Il avait dénoncé un "complot" puis refusé de répondre aux questions des magistrats instructeurs, le temps de l'examen de recours visant à faire annuler l'enquête.

Mais, il y a moins d'un mois, la cour d'appel de Paris a validé ce dossier dans lequel Sarkozy a déjà été mis en examen en mars 2018 pour "corruption passive", "recel de détournement de fonds publics" et "financement illégal de campagne". Il est également placé sous contrôle judiciaire.

Indices troublants

Les magistrats s'interrogent désormais sur des versements en liquide en provenance du régime libyen et qui auraient été réalisés via un de ses anciens collaborateurs, Thierry Gaubert, mis en examen le 31 janvier pour "association de malfaiteurs". Les enquêteurs se demandent si un tel transfert a pu servir in fine à alimenter en cash le budget de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy.

Cette enquête a été ouverte en 2012 après la publication par Mediapart d'un document censé montrer que la campagne de Nicolas Sarkozy avait été financée par le régime de Mouammar Kadhafi. Témoignages de dignitaires libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations d'un intermédiaire... En sept ans de travail, les magistrats ont réuni une somme d'indices troublants qui ont donné corps à cette thèse.

Toutefois, aucune preuve matérielle indiscutable n'a pour l'heure été retrouvée, même si des mouvements de fonds suspects ont conduit à neuf mises en examen à ce jour.

Deux autres dossiers en cours

Outre ce dossier, dans lequel les investigations sont encore en cours, l'ex-chef de l'État doit être jugé du 23 novembre au 10 décembre pour "corruption" dans l'affaire dite des "écoutes": il est soupçonné d'avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d'obtenir d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire.

Nicolas Sarkozy doit également être jugé du 17 mars au 15 avril 2021 pour le financement illégal de son autre campagne présidentielle, celle de 2012, dans le cadre de l'affaire Bygmalion: il lui est reproché le dépassement du plafond de dépenses de campagne.

Article original publié sur BFMTV.com


(TN/PKF)