Appelée à traquer des dirigeants des structures publiques qui sont trempés dans la malversation financière, l’IGF y va le ventre affamé, s’exposant ainsi à la tentation de voir ses propres agents être corrompus par ceux-là même dont l’inspection est censée combattre la mauvaise gouvernance.

Pourtant, l’IGF a sensiblement bougé les lignes depuis l’arrivée de son Inspecteur général, chef de service, Jules Alingete Key. C’est l’IGF qui a enquêté sur les fonds alloués à la riposte contre le Covid-19 au sein du ministère de la Santé. A ce jour, ses inspecteurs sont déployés dans 4 provinces à savoir le Haut-Katanga, le Lualaba, le Kongo central et l’Equateur. Ils y sont pour des missions de mobilisation des recettes dans les régies financières et de la bonne gouvernance de ces provinces.

Mais comment mieux combattre la corruption quand l’organe fait figure de parent pauvre ? A ce jour, l’IGF n’a reçu qu’environ 12 mille dollars comme frais de fonctionnement. Et Jules Alingete pense qu’il est difficile pour son organe de combattre la fraude et la corruption lorsqu’on est dépourvu des moyens de fonctionnement. Ce qui le pousse à inviter le Parlement à demander au gouvernement de mettre à la disposition de son institution des moyens pour mieux faire son travail.

Lors de son intervention à l’ouverture du séminaire du Réseau des Parlementaires Africains de lutte contre la Corruption, le patron de l’IGF a fait état « d un développement inquiétant des antivaleurs en terme de malversations financières, des fraudes, des détournements qui freinent le développement du pays. » Pour lui, « le développement des ces antivaleurs entraîne un accroissement de la misère et hypothèque l’avenir de notre peuple ».

Le jour de son installation à ce poste, le directeur de cabinet intérimaire du chef de l’Etat, M. Eberande Kolongele avait dit, dans son discours, que l’IGF connaissait là où « ça suinte ». Or, pour amener l’étanchéité là où « ça suinte », il faut aussi des moyens. Mais le gendarme de la fraude se retrouve malheureusement démuni. Le gouvernement est ici interpellé !

Dido Nsapu


(DNK/Yes)