Le ministre de l’Intérieur fédéral, Horst Seehofer, n’a pas pu savourer sa victoire sur place. Il est en quarantaine après un contact avec une personne infectée par le Covid-19. Le responsable conservateur souhaitait, comme ses collègues chrétiens-démocrates dans les régions, que des expulsions redeviennent possibles au cas par cas. Le meurtre, par un jeune Syrien, d’un Allemand à l’arme blanche en octobre 2020 à Dresde a relancé les débats. Au total, 90 islamistes originaires de ce pays sont considérés comme dangereux par les autorités.

« Scandale irresponsable »

Les Länder dirigés par la gauche, comme des responsables politiques et des ONG, ont dénoncé une reprise des expulsions vers la Syrie. « Un scandale irresponsable », affirme une écologiste. « Les droits de l’homme valent aussi pour les criminels », déclare une élue de Die Linke évoquant les atteintes aux droits de l’homme en Syrie.

Des renvois peu probables

Le ministre de l’Intérieur bavarois souligne, lui, que des soutiens de Damas se sont réfugiés en Allemagne en se faisant passer pour des victimes de l’organisation État islamique. Ils n’auraient rien à craindre si on les renvoyait. Les ennemis du régime pourraient être renvoyés dans des zones contrôlées par la Turquie ou des groupes kurdes. Dans la pratique, de tels renvois paraissent peu probables en l’absence de relations diplomatiques.

Pascal Thibault/RFI


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