Dans une déclaration signée par le Premier ministre et dont Digitalcongo.net a pu se procurer une copie, ce déplacement a pour objet la rencontre avec l'ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, autorité morale du Front Commun pour le Congo (FCC).

"Je pars à Lubumbashi pour une réunion avec son excellence Joseph Kabila Kabange, autorité morale du Front commun pour le Congo, FCC. C'est lui qui a proposé mon nom comme candidat Premier ministre, ce qui a permis ma nomination par son excellence monsieur le président de la République, chef de l'État", lit-on dans cette déclaration de deux paragraphes.

Faisant taire les suspicions qui ont gagné certains médias autour de son déplacement, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a fait savoir que la seule personne mandatée pour parler en son nom reste son porte-parole, "comme cela a été le cas dans des rares fois" qu'il a voulu s'exprimer. 

Il sied de rappeler que depuis vendredi 22 janvier 2021, une motion de censure contre le Premier ministre gît au bureau de l'Assemblée nationale. Elle a été déposée par 4 députés, notamment Chérubin Okende d'Ensemble de Moïse Katumbi. Et le samedi 23 janvier dernier, le président du bureau d'âge de la chambre basse du parlement, Christophe Mboso a notifié le chef du gouvernement de la motion de censure initiée contre lui. L'invitant ainsi à se présenter à l'Assemblée nationale le mardi 26 janvier. Une procédure qui a été décriée par plusieurs cadres du FCC de Joseph Kabila.

Patrick Nkanga Bekonda, conseiller politique du Premier ministre Sylvestre Ilunga, pense que le bureau d’âge n'a pas qualité d'examiner une motion de censure contre un gouvernement investiti par un bureau définitif de l'Assemblée nationale. «Le Gouvernement de la République a été investi par la majorité des élus sous la bannière d’un bureau définitif. Le Bureau d’âge n’a aucunement la compétence d’actionner une démarche vis-à-vis du Gouvernement. Même, dans un pays de non-droit, il y a un minimum de bon sens», a-t-il tweeté le week-end dernier. 

Avant d'ironiser en demandant à la Cour constitutionnelle de muer ce bureau provisoire en bureau définitif. « J’ose croire qu’il ne sert plus à rien d’élire un bureau définitif à l’Assemblée Nationale. La Haute Cour, comme à ses habitudes, ne peut-elle pas prendre un énième arrêt, muant simplement le bureau d’âge en bureau définitif. On gagnerait en temps et en lisibilité. », a-t-il écrit sur ce réseau à l'oiseau bleu. 

Pour lui, aucun arrêt de la Haute Cour ne confère au bureau d’âge la plénitude des prérogatives reconnues au bureau définitif. "Nous savons que la violation des textes est devenue le principe et son respect l’exception. Nous invoquons l’exception. », a-t-il encore persiflé dans un autre tweet.

Dido Nsapu