Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a nommé Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, dans une ordonnance signée le 14 février et lue le lendemain, comme Premier ministre en remplacement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba qui a déposé sa démission en début du mois après sa destitution à l’Assemblée nationale.

Sama Lukonde est très connu du milieu sportif pour avoir était ministre de la Jeunesse, Sports et Loisirs au gouvernement Matata Ponyo entre 2014 et 2015. Bien qu’ayant fait seulement neuf mois à la tête de ce ministère (il a démissionné en solidarité avec sa famille politique ACO qui avait quitté le président Joseph Kabila en réclamation de l’alternance politique), Sama Lukonde ne connaît pas moins les défis des sports congolais.

Le premier défi est celui lié aux infrastructures. Le stade des Martyrs, le principal du pays,  est menacé constamment de fermeture par les instances internationales du football. La Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football association (FIFA) rappellent à moult reprises que ce stade ne répond plus aux standards internationaux. Les gros moyens promis par le gouvernement Ilunkamba pour réhabiliter cet édifice tardent à être débloqués. A part quelques coups de peinture dans les vestiaires. Or, il faut refaire totalement la pelouse, renforcer la lumière, placer des sièges partout, moderniser la tribune de presse et autres.

Le stade Tata Raphaël, lui, est fermé depuis deux ans par un opérateur économique privé qui voulait le réhabiliter en six mois vue de la célébration du 40e anniversaire du combat du siècle Ali-Foreman en 2019. L’implication de son gouvernement dans la finalisation des travaux de ce stade à l’arrêt s’avère indispensable. Il en est de même du stade Lumumba de Matadi où c’est encore un opérateur économique privé qui a pris l’engagement de pré-financer la fin des travaux à l’arrêt depuis près de trois ans.

Sama Lukonde était ministre des Sports quand le gouvernement a lancé le projet de réfection des stades municipaux à Kinshasa. Au lieu de bénéficier à la jeunesse comme voulu, ces stades ouvrent leurs portes seulement aux plus offrants. Les jeunes de commune qui y étalaient leur talent à longueur des journées n’ont pas les moyens de se payer le droit d’utilisation élevé en centaine de dollars. Dans son plan d’action, l’actuel ministre des Sports et Loisirs, Amos Mbayo, avaient promis la récupération de ces stades aux mains de ces privés par le paiement de leurs frais investis, pour les remettre à la disposition de la jeunesse comme auparavant. La promesse n’est toujours pas tenue. Si les stades de Ngaliema, de Barumbu et de Matete ont été finalisés, celui de Bandalungwa, le plus grand car ayant en plus un terrain de basketball, n’a jamais rouvert les portes. Les travaux se sont arrêtés à mi-parcours faute de financement.

En outre, le président de la République, Félix Tshisekedi, avait promis la matérialisation rapide du projet de construction d’un Palais des Sports après le sacre des Léopards basketball à l’Afro-basketball en 2019. La RDC manque un Palais des sports pouvant le permettre d’accueillir des compétitions internationales des sports de salle. Le chef de l’Etat avait aussi promis des véhicules à ces Léopards. Le dernier dossier serait bloqué entre le ministère du Budget et des Finances.

Outre les infrastructures, le Premier ministre Sama Lukonde devait aussi veiller à rendre viable les structures sportives, à poursuivre avec le financement des frais des transports des équipes engagés dans le Championnat national de football ou encore à accorder une attention soutenue à d’autres disciplines outre le football. Il connaît les forces et les faibles du secteur. A travers son ministre sectoriel, Sama Lukonde peut bien s’impliquer à relever les différents défis. Sport étant un des vecteurs du développement social, un des objectifs de son gouvernement de l’union sacrée. Le monde  sportif congolais qu’il a dirigé attend certainement de lui une attention particulière.

Socrate Nsimba


(SN/PKF)